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« Quelle citoyenneté au Kirghizstan ? »

Être citoyen – qu'est-ce que cela signifie? Selon un guide juridique « la citoyenneté est le fait pour une personne, pour une famille ou pour un groupe, d'être reconnu comme membre d'une cité (aujourd'hui, d'un État) nourrissant un projet commun auquel ils souhaitent prendre une part active. La citoyenneté comporte des droits civils et politiques et des devoirs civiques définissant le rôle du citoyen dans la cité et face aux institutions ». Souvent, en prononçant fièrement « Je suis kirghize », le citoyen se rappelle ses droits et ses libertés, sans réfléchir qu'il a également certains devoirs. Mais la prise de conscience que la prospérité du pays dépend de chaque personne, prise individuellement, ne naît pas avec lui. Il faut inculquer le sens de la responsabilité envers son État. Au Kirghizstan, le Fonds International des Systèmes Electoraux (IFES) s'occupe de cela.

Le fonds apporte son soutien technique aux procès électifs dans le pays, stimule le développement de la démocratie et de la société civile. Les écoliers, dans le cadre leurs leçons intitulées «Le citoyen et la société», apprennent les bases du civisme à partir du manuel «Citoyenneté et la participation au gouvernement», produit spécialement pour les élèves de la classe supérieure. À l'école, les adolescents de 16-17 ans font connaissance avec ce qu'est l’État, quels compartiments du pouvoir existent, pourquoi il est important de participer à la vie du pays en votant. L'enseignement ne se restreint pas aux leçons standards. Depuis 2000, pendant l'été, le fonds organise « Les camps de la démocratie», où les enfants passent dix jours, en joignant l'utile à l'agréable.

Crédit : Fanpage Facebook

Environ quinze mille questionnaires avec une série de questions standards sur leur âge, leur école, leurs hobbys et une petite composition sur le thème de la citoyenneté sont envoyés chaque année aux régions du Kirghizstan. Chaque école n'envoie seulement qu'un élève. Les participants aux camps de l'année passée choisissent soixante personnes, par tirage au sort. Les enfants qu'on y trouve sont tous différents,  les notes n’étant pas du tout le critère de sélection.

Si le programme des camps est très chargé, il commence par les élections les plus simples. Les élèves se divisent en trois équipes et choisissent leurs chefs démocratiquement. Les buts de groupe commencent à prédominer sur les aspirations personnelles. Chaque jour commence par la réalisation d'un devoir. Il est intéressant de constater que personne ne contrôle les enfants. Les adultes cessent de jouer le rôle de surveillants, les devoirs viennent dans des enveloppes scellées. Comment les comprendre et les exécuter représente toute la responsabilité qui repose sur les adolescents, d'un bout à l'autre de l'exercice.

Chaque devoir donne le sujet qu'il faut étudier dans le courant de la journée, et chaque équipe doit le présenter le soir aux autres équipes. On trouve ici un élément central du programme : l'enseignement par la création, l’œuvre commune. Sont proposés trois instruments créateurs, trois ateliers : d'art, où l'équipe organise une exposition de ses dessins, bricolages, des modèles de vêtements ou des installations tout à fait extraordinaires ; théâtral, où les participants peuvent tester leurs qualités d'acteur ; et l'atelier de la communication, où ils réalisent et produisent des courtes vidéos. Des peintres, des acteurs, des metteurs en scène et des opérateurs professionnels, spécialement invités, aident les équipes.

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L'étape finale du travail des camps de la démocratie, c’est la mise en œuvre des connaissances obtenues. Les participants imitent les vraies élections. Ils créent des commissions électorales, des bureaux de vote, des bulletins de vote – tout est conforme à législation actuelle. Mais la pratique ne se termine pas dans les camps. Les organisateurs réalisent des mini-projets dans le cadre des écoles au cours de l'année et aident les enfants dans leurs projets personnels.

Il est difficile d'estimer une telle méthode d'enseignement. Les élèves étudiant dans le secondaire, du fait de leur maturité naissante,  apprennent  plus facilement l’auto-adaptation, la réalisation par la création et s'essaient au rôle de chef. Les adolescents décident par et pour eux-mêmes des questions les plus vitales : choisir quelle profession, entrer dans quelle université ? Le principal est qu'ils commencent à se rendre compte de leur place dans l'État, leurs droits mais aussi leurs devoirs. Ils deviennent des membres actifs de la société et partagent leurs connaissances avec leurs contemporains.

Cependant, le fonds ne limite pas son activité aux institutions scolaires, et mène une série de projets dirigés pour un plus grand auditoire. Ils sont réunis sous le logo « je décide par moi-même ». Par exemple, le festival «La Renaissance de Broadway» a réuni plusieurs collectifs de créateurs dans les rues de Bichkek. Les artistes de théâtre, les peintres et les poètes ont présenté au grand jour leur version du célèbre Broadway.
Ainsi, pour la deuxième année de suite, au bord de lac Issyk-Koul, le projet « je décide par moi-même » réalise des « média-camps », c'est-à-dire des forums réunissant la jeunesse créative du Kirghizstan. Les peintres, les musiciens, les journalistes, les publicitaires, les membres de KVN se réunissent, font connaissance, et … créent.

Crédit : Fanpage Facebook2

Leur but – créer pendant 24 heures une série vidéos de promotion abordant les problèmes de la société. Ces vidéos présentent la même idée de la responsabilité du pays : « je décide par moi-même, le destin du Kirghizstan dépend de mon choix. Il faut prendre la juste décision, voter pour la personne juste, avancer des idées justes ».

Le forum de 2012 a ainsi publié des publicités sociales appelant à l'activité civile, à l'amour de sa ville, à la compréhension de l'importance de chaque citoyen pour le futur du pays. Ces courts métrages ont été diffusés à la télévision kirghize, et maintenant nos lecteurs étrangers pourront les apprécier.
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De tels projets aident à activer la jeunesse kirghize, et en faire de vrais citoyens du Kirghizstan. Il faut prendre conscience que les jeunes gens feront la promotion du pays, et à en juger d'après leur rendement, nous avons un bon espoir que l'avenir sera heureux.

Natalie GRATCHOVA
Journaliste de francekoul.com
Étudiante au département de journalisme international à l’Université Slave Kirghizo-Russe

Relu par Stephane VINÇON

Sources :

Anicet Le Pors La citoyenneté, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2002 (3 ° éd.).

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