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Qu’est ce qui énerve les agents de circulation de Bichkek ?

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Placés au cœur de la circulation dense de la capitale kirghize, les agents de la circulation sont à la fois garant de l’ordre et boucs émissaires des conducteurs. Témoignages.

Novastan traduit et reprend ici un article de Kloop.kg.

DPS. Pour les habitants de Bichkek, la capitale du Kirghizstan, ces initiales sont bien connues. Elles désignent les employés du Service de sécurité routière (DPS en russe), plus communément des agents de la circulation.

Les membres du DPS sont tenus d’assurer une circulation sûre et sans accroc dans la ville et au-delà. Pour ce faire, ils sont censés rester debout dans la rue sous une chaleur de quarante degrés comme sous les averses torrentielles, afin de suivre la situation sur les routes.

Des réponses difficiles à obtenir

Les conducteurs accusent souvent les inspecteurs de corruption, de comportements grossiers ou qu’il est difficile de les remarquer. Mais de l’autre côté, le ressentiment est aussi là. Kloop.kg a posé une simple question aux agents du DPS : « Qu’est-ce qui vous énerve dans votre travail ? ».

Certains des interrogés ont refusé de répondre à la question, tandis que d’autres ont répondu qu’ils étaient satisfaits de leur activité. Ceux qui ont accepté de partager leurs sentiments avec le journal kirghiz ne l’ont fait qu’après de longues discussions.

Mensonges des conducteurs, agressivité provoquée ou encore problèmes techniques… En voici un petit florilège.

Les Kirghiz, ces entêtés

L’un des premiers reproches faits par les membres du DPS aux conducteurs kirghiz est leur faculté à nier leur faute. « Ça m’énerve quand, au moment de signer une amende, les gens s’indignent et appellent leurs proches », rapporte un agent.

« Ça m’énerve quand les gens enfreignent le code de la route et refusent de reconnaître leur faute », en décrit un second. « Ça m’énerve quand les gens mentent », lance un autre agent.

Certains conducteurs semblent également tout à fait conscients de leur tort. « Ça m’énerve quand les gens connaissent les règles et les enfreignent exprès. Par exemple un chauffeur qui pouvait faire un détour et non, il remonte la rue à contresens. Il sait pourtant qu’il ne faut pas »

Provocateurs invétérés

Ces témoignages évoquent également un vrai sentiment de suffisance parmi les conducteurs kirghiz. « Ça m’énerve quand les chauffeurs m’ignorent et ne s’arrêtent pas », lance ainsi un agent.

« Ça m’énerve quand les gens s’emportent, provoquent et ensuite filment l’échange », en rapporte un autre.

Cerise sur le gâteau : la mauvaise foi. « Ça m’énerve quand les gens trouvent n’importe quelle justification. Ils disent souvent tu sais, voilà, y’a ma mère qu’est malade et je file à l’hôpital etc, et que des trucs de ce genre. »

La police kirghize, sous équipée ?

Certains témoignages rapportés par Kloop.kg font également état de règles ou d’équipements obsolètes. « Ça m’énerve quand je ne peux pas prouver l’infraction du conducteur parce qu’il n’y a pas de caméra et que le radar ne relève que la vitesse », décrit un agent du DPS.

« Ça m’énerve quand un conducteur ne s’arrête pas et je ne peux pas le rattraper parce que les voitures du DPS doivent rester sur place », s’indigne un autre.

Les agents de la circulation se plaignent aussi du climat, assez changeant à Bichkek. « Parfois c’est le temps qui m’énerve. On s’est bien habillés aujourd’hui et maintenant il fait chaud dans la rue »

Mais aussi, heureusement, les agents sont satisfaits de leur travail. « Qu’est ce qui m’énerve ? En vrai, rien ne m’énerve. Mon travail me plaît, c’est quand même moi qui l’ai choisi »

Traduit du russe pour Novastan par Yann Rivoal

Un policier à Bichkek, membre du DPS.Evgeni Zotov
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