Réforme constitutionnelle au Kirghizstan : la coalition gouvernementale s’effondre

Après des mois de tension autour du projet de réforme constitutionnelle au Kirghizstan, le SDPK, parti du Président Atambaïev, a décidé le lundi 24 octobre de se retirer de la coalition gouvernementale.

Le parti dominant du Parlement kirghiz, le Parti Social-Démocrate (SDPK), a annoncé le 24 octobre sa décision de quitter la coalition gouvernementale, entraînant immédiatement la démission du gouvernement. La coalition formée à la suite des élections législatives d’octobre 2015 était composée de 4 partis : le SDPK, majoritaire avec 38 sièges sur les 120 du Kenesh (Parlement) ; le parti du Kirghizstan ; Ata-Meken ; et Onuguu Progress.

Dans son communiqué, le SDPK accuse ses anciens partenaires de connivence avec les anciens présidents Akaïev et Bakiev, renversés respectivement par les révolutions de 2005 et de 2010. Au-delà de cette attaque virulente, le véritable point de tension entre les sociaux-démocrates et leurs anciens alliés est le projet de réforme constitutionnelle poussé par le président Almazbek Atambaïev qui enflamme le débat politique depuis quelques mois.

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La réforme constitutionnelle au coeur des tensions

Un point sensible de la réforme est le renforcement des pouvoirs du Premier ministre, vu par ses détracteurs comme une tentative d’affaiblir le pouvoir législatif et de remettre en cause la nature parlementaire du régime kirghiz. L’addition dans le texte constitutionnel de notions telles que la moralité ainsi que la modification des clauses concernant les droits de l’Homme sont également critiquées.

Le projet du Président est également qualifié d’illégal par ses opposants : un mémorandum avait en effet été adopté en 2010 interdisant toute réforme constitutionnelle avant 2020. La perte du texte original de la Constitution, révélée la semaine précédente, a également été l’occasion d’arguer de l’impossibilité d’une réforme tant que le document restait introuvable.

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Le parti membre de la coalition Ata-Meken et son chef Omurbek Tekebaïev se sont montrés particulièrement hostiles au référendum sur l’adoption de la nouvelle Constitution qui aura lieu le 11 décembre. Pour eux, il s’agit d’un moyen utilisé par le Président pour détourner l’attention des problèmes économiques du pays. Dans une interview au journal Azattyk, le leader d’Ata-Meken parle de l’impossibilité de négocier au sein de la coalition sur le sujet de la réforme constitutionnelle.

Vers un nouveau gouvernement

Bien que membre du gouvernement, Ata-Meken était donc de facto devenu l’un des principaux partis d’opposition. Pour le politologue Igor Chestakov, cité par Kloop.kg, la rupture était donc inévitable. Selon lui, la fin de la coalition ne devrait cependant pas empêcher la tenue du référendum car Ata-Meken n’a pas suffisamment de poids au Parlement.

Avec ses 38 sièges au Parlement (sur 120), le SDKP est le premier parti kirghiz, mais ne dispose pas de la majorité nécessaire pour diriger seul. Selon des sources parlementaires citées par 24.kg, une nouvelle coalition devrait être formée par le SDKP avec le parti Respublika-Ata Jurt, et dans laquelle le Parti du Kirghizstan se maintiendra.

La Rédaction

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