Sapar Isakov Gouvernement Kirghizstan

Sapar Isakov est le nouveau Premier ministre du Kirghizstan

Après la démission du Premier ministre Sooronbaï Djeenbekov le 21 août dernier, le social-démocrate Sapar Isakov est le nouveau chef du gouvernement. Une nomination annoncée par une présence médiatique accrue du jeune politique.

Le 21 août dernier, Sooronbaï Djeenbekov a déclaré sa démission du poste de Premier ministre du Kirghizstan afin de participer à l’élection présidentielle, prévue pour le 15 octobre. Hier, 97 des 102 députés présents à la session extraordinaire du parlement ont confirmé Sapar Isakov et son cabinet pour le remplacer. Il devient ainsi le 29e Premier ministre du Kirghizstan et le septième dans les sept années du mandat du Président Almazbek Atambaïev.

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Sa personne n’est pourtant pas sans susciter de réserves. Avec ses 40 ans, ses soutiens apprécient sa jeunesse et voient en lui un politique nouveau, loin des intrigues et scandales récents. L’opposition s’inquiète cependant d’une possible ingérence du gouvernement lors de l’élection présidentielle et lui reproche de pouvoir influer sur les résultats par l’usage de ressources administratives.

Un passé pas si reluisant

A la question s’il pouvait garantir une élection juste, Sapar Isakov a répondu au parlement qu’il ferait de son mieux. Cependant, l’élection de Sooronbaï Djeenbekov à la présidence du pays pourrait lui permettre de se maintenir à son poste au-delà des élections.

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Suite à la démission de Sooronbaï Djeenbekov, une vidéo compromettante a fait son apparition sur les réseaux sociaux, accusant Sapar Isakov de corruption dans plusieurs cas et le rendant responsable de l’état prétendument catastrophique de la politique étrangère du Kirghizstan. Les auteurs du film sont inconnus. Interrogé durant une interview à ce sujet, Sapar Isakov a soupçonné un candidat à la présidentielle d’avoir commandé la vidéo.

Un diplomate à la tête du gouvernement

Sapar Isakov est diplômé de l’Université Internationale de Bichkek, la capitale du Kirghizstan. Entre 1999 et 2003 il y était enseignant, avant d’entamer une carrière comme attaché au sein du ministère des Affaires étrangères du pays. En 2007, il intègre l’administration gouvernementale en tant que directeur du département pour les affaires étrangères. Un poste qu’il occupe de nouveau en 2010 au sein du gouvernement provisoire puis entre 2011 et 2017 au sein de l’administration présidentielle.

En 2009, Sapar Isakov dirige le département de télécommunications dans l’agence pour le développement, l’innovation et les investissements, fondée par Maxime Bakiev, le fils du Président Kourmanbek Bakiev (2005-2010). Le président est démis de ses fonctions lors de la Révolution d’avril 2010. Sa prétendue proximité avec la famille Bakiev, bête noire du régime en place, lui a été reprochée par certains membres de l’opposition.

En mars dernier, le Président Atambaïev l’a nommé à la tête de l’administration présidentielle. Le président ne tarit pas d’éloges sur Sapar Isakov, et l’a notamment qualifié de « bras droit » en matière de relations internationales lors d’un entretien avec Angela Merkel. Des observateurs voyaient alors en Sapar Isakov un possible successeur à la présidence.

Un « cabinet de technocrates »

L’élection du Premier ministre s’est accompagné d’un remaniement gouvernemental. Dans le gouvernement Isakov, que le Premier ministre a décrit à plusieurs reprises comme une « équipe de jeunes technocrates », 13 ministres maintiennent leurs postes et neuf sont nouveau-venus.

Entre autres, le nouveau ministre de l’Economie a suscité l’attention des députés : Alexandre Novikov, 30 ans. Son âge a été l’objet de controverses lors de la session parlementaire. Certains députés de l’opposition ont affirmé que Kirghizstan n’est pas un terrain expérimental où l’on pouvait attribuer de telles positions à un personnel sans expérience.

Autre nomination remarquable : l’ancien directeur de la Banque Nationale, Tolkounbek Abdygoulov. Le nouveau Premier vice-Premier ministre a récemment suscité des remous sur les réseaux sociaux pour sa proposition de légaliser le cannabis afin de faire un « paradis touristique » du Kirghizstan.

2 mois pour faire ses preuves

Ce samedi 26 août, Almazbek Atambaïev a finalement signé le décret de nomination du nouveau gouvernement. Jusqu’à l’élection présidentielle, il reste donc deux mois à Sapar Isakov pour faire ses preuves. Omurbek Babanov, chef de file du parti d’opposition Respublika-Ata-Djurt et candidat à la présidentielle, l’a déjà mis en garde. Il a affirmé que son parti avait décidé de ne pas s’opposer à sa nomination, mais que le parlement élirait de nouveau le gouvernement après la présidentielle : « votre sort dépend de votre comportement », a-t-il menacé.

Quant à son programme, Sapar Isakov ne s’est pas encore attardé sur les détails lors de la session parlementaire. Selon les quelques bribes disponibles, le programme aurait été écrit en un mois, contiendrait toutes les stratégies essentielles jusqu’en 2040 et serait écrit dans un langage clair pour tous et pourrait « résoudre tous les problèmes du pays ».

Florian Coppenrath
Co-fondateur de Novastan

Julius Bauer
Rédacteur en chef de Novastan

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Sapar Isakov est nouveau premier Ministre du Kirghizstan
Daniiar (Wikimedia-Autor)
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