Quartier Résidentiel Vostok-5 Bichkek

Sept raisons d’aimer Bichkek

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Que ce soit dans les médias ou sur les réseaux sociaux, Bichkek, la capitale du Kirghizstan, est régulièrement montrée du doigt pour ce qu’elle a de négatif. Il existe pourtant plusieurs raisons – au moins sept – de tomber amoureux de cette ville pleine de surprises.

Novastan reprend ici un article d’Amina Souleïeva initialement paru sur Kloop.kg.

Si vous jetez un œil à la section Politique et Société du populaire forum kirghiz Diesel Forum, vous verrez ce que d’aucuns appellent une manifestation de la conscience civique des citoyens. Pour d’autres, ce serait plutôt un espace de grogne perpétuelle des utilisateurs d’Internet.

Chaque mois, des dizaines, voire des centaines de personnes publient des posts relatifs à des problèmes rencontrés à Bichkek. Dans l’ensemble des discussions, seules quelques publications parlent de la capitale kirghize en termes positifs.

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La situation est la même du côté des médias : l’angle journalistique choisi est presque toujours négatif et Bichkek est souvent dénigrée.

Même si la plupart des critiques envers la capitale du Kirghizstan sont peut-être méritées, force est de constater que personne n’avait encore tenté de rassembler en un seul endroit ce qui fait tout le charme de la plus grande ville du pays. Exposé en 7 points des traits distinctifs de « Bich » qui rendent cette ville unique au monde.

1) Des magasins ouverts à toute heure

Les supermarchés et les pharmacies de Bichkek sont ouverts 24 heures sur 24, un concept impensable dans la plupart des pays européens.

Dans le reste de l’Asie centrale, à l’exception de la capitale kirghize, l’ouverture en continu des magasins n’existe que dans les grandes villes du Kazakhstan.

À Bichkek, on peut acheter presque tout ce que l’on désire et à toute heure : du pain, des préservatifs, des serpillières ou encore des vins géorgiens.

L’essentiel est de vivre à proximité du supermarché. La ville n’en manque pas et ils ne sont jamais en pénurie.

2) Une ville tolérante

Née à Samarcande en Ouzbékistan, Nafissa Khassanova vient régulièrement à Bichkek pour le travail. Elle explique qu’elle ne ressent aucune pression ou discrimination relative à son origine. Pourtant, les relations entre les différents groupes ethniques ne sont pas toujours faciles au Kirghizstan.

« Je pense que Bichkek est une ville très tolérante. Toutefois, la dernière fois que je m’y suis rendue, on m’a souvent demandé quelle était mon origine. Les gens essayaient de le deviner, mais je ne ressentais rien de négatif. », raconte-t-elle.

Couples Interethniques Bichkek

Dans la capitale, il est possible de faire face au nationalisme kirghiz de façon quotidienne. Mais, de façon générale, la ville dispose d’un environnement convivial pour les différentes cultures. C’est ce qu’explique Ekaterina Chochina, étudiante originaire de Douchanbé au Tadjikistan.

« Je suis métisse, mes amies proches sont coréennes, russes, tadjikes, tatares… Nous vivons toutes ici. Nous rions souvent, nous sommes tristes parfois, nous tombons amoureuses et nous nous sentons très à l’aise à Bichkek. », s’enthousiasme-t-elle.

« Bien sûr, à Bichkek, ainsi que dans toute autre ville, il y a des problèmes pour des raisons ethniques, mais je n’en ai jamais eu personnellement. », ajoute-t-elle.

3) Une nourriture variée et bon marché

Une étonnante variété de différentes cuisines du monde et parfois très éloignées géographiquement les unes des autres est disponible dans la capitale kirghize.

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Djoomart Ormonbekov, connu pour les avis sur les restaurants qu’il publie dans son blog personnel, a longtemps vécu à l’étranger dans les années 2000.

Quand il est revenu, il a été surpris de voir combien ont évolué les restaurants à Bichkek.

« J’ai constaté que les restaurants de la capitale avaient un côté très dynamique. J’ai longtemps été absent du pays, mais, quand je suis revenu, j’ai immédiatement remarqué qu’il y avait un grand choix de nourriture. », raconte-t-il.

Bellagio Restaurant Italien Centre Bichkek

Parmi tous les types d’établissements où vous pouvez manger ou boire, le directeur du tour-opérateur Kyrgyz Concept, Emil Oumetaliev, insiste notamment sur la prolifération de coffee shops, une mode très répandue ces dernières années.

« Le service et la qualité de leurs produits ne sont pas toujours parfaits, mais cela convient parfaitement à Bichkek. Même à Prague, pourtant remplie de touristes, il n’y a pas tellement de coffee shops de cette qualité. », décrit-il.

4) Un air de liberté

De nombreux habitants des pays voisins sont surpris par le niveau de liberté toléré dans la capitale kirghize. C’est le cas de Saoulié Meyirmanova, originaire d’Almaty, qui admire le haut degré de liberté politique qu’elle ressent à travers la ville.

« Ici, on a le sentiment d’être dans une ville libre de tout dogmatisme. Ici, on sent dans l’air une grande variété d’idées, plein de débats intenses et les gens n’ont pas peur d’exprimer leurs pensées. », considère-t-elle.

Manifestations Bichkek Mars 2013

L’ouzbèke Nafissa Khassanova estime qu’une telle liberté d’expression, par exemple pour parler de sa vie sentimentale, n’existe pas dans les autres villes d’Asie centrale comme elle existe à Bichkek.

« J’ai remarqué que les jeunes ne cachent pas leur relations. Beaucoup d’entre eux s’embrassent dans les parcs, ce qui démontre la tolérance de la population. », dit-elle.

5) Une relative égalité des sexes

Bichkek n’est bien sûr pas Stockholm, mais c’est peut-être la ville avec l’un des plus hauts niveaux d’égalité entre les hommes et les femmes de toute l’Asie centrale.

« Chez nous, la proportion des sexes dans les petites et moyennes entreprises et dans le secteur public est plus équilibrée que chez nos voisins. », décrit Emil Oumetaliev de Kyrgyz Concept.

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Ekaterina Chochina, elle, voit cette égalité sous un autre angle : à Bichkek, il est possible de porter des vêtements légers par temps chauds sans avoir à subir les lamentations et le harcèlement des passants.

« À Bichkek, vous pouvez marcher en mini-jupe ou en costume de Dark Vador et on ne vous dira pas un mot. », s’amuse-t-elle.

Féministe Bichkek Harcèlement Rue

Beaucoup de féministes peuvent être en désaccord avec cette façon de voir les choses. Mais il faut bien avouer que l’existence même d’organisations féministes ayant pignon sur rue dans la capitale kirghize fait aussi de cette dernière une ville unique en son genre dans la région.

« Bichkek est une ville active. Il existe des organisations féministes qui mènent régulièrement des campagnes et qui impliquent les citoyens. Nous devrions en être fiers. », estime Djoomart Ormonbekov.

6) Des taxis à gogo

La capitale du Kirghizstan est aujourd’hui réputée pour ses services de taxis incroyablement pratiques. Appeler le taxi « officiel » est plus rapide, moins cher et plus sûr que d’en attraper un dans la rue. C’est une véritable rareté, non seulement en Asie centrale, mais dans le monde entier.

Taxis Capitale Kirghize

Depuis plus de 20 ans, Emil Oumetaliev, dans le cadre de sa profession, rencontre et accompagne les touristes. Il a vu comment les services de taxis ont évolué.

« Au début des années 1990, il était très difficile d’enseigner à nos chauffeurs d’être amicaux et hospitaliers. Aujourd’hui, le marché et la concurrence ont fait d’eux, à quelques exceptions près, des conducteurs conviviaux et attentifs aux clients. », explique-t-il.

Djoomart Ormonbekov ne dit pas autre chose.

« Bichkek est différente parce que nous pouvons commander un taxi par téléphone ou par SMS, nous ne sommes plus habitués à héler une voiture directement dans la rue. », précise-t-il.

7) Une ville verte

Lorsque le célèbre designer et blogueur russe Artemi Lebedev, connu pour ses critiques incessantes, a visité Bichkek en juin 2013, de nombreux locaux attendaient avec curiosité de voir ce qu’il allait écrire au sujet de leur ville natale.

Après avoir décrit avec le sarcasme attendu de lui les infrastructures urbaines de la capitale, Artemi Lebedev, de façon surprenante, a souligné à quel point il appréciait… le nombre d’arbres !

Artemi Lebedev Bichkek Ville Verte

« Un voyageur se promenant distraitement verra à quel point la ville est incroyablement verte. Même fantastiquement verte. Tellement verte qu’il peut se cacher sous un arbre voisin en cas de pluie, sans avoir peur de se mouiller. Cette verdure sauve de la tristesse de l’environnement urbain. Cette verdure sauve de la monotonie des rues trop larges et trop longues. », écrit-il suite à son passage dans la capitale du Kirghizstan.

Amina Souleïeva

Traduit du russe par Kristina Rojkova pour Novastan

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Commentaires
  • Il est vrai que Bishkek est la ville la plus tolérante de l’Asie Centrale. Le racisme est inexistant et le sexisme l’est aussi. Malgré deux ou trois petites conneries de la part de certains kirghiz conservateurs et de russes « occidentaux et supérieurs mentalement aux kirghiz » SJW les gens sont très tolérants.
    Anecdote : Mon petit frère s’est un jour baladé tranquille en cosplay de Karkat avec tout son corps en gris au calme x)

    2 août 2017
  • Bishkek est tres certainement une ville agreable a vivre ou on se sent particulierement et les points avances par l’articles sont justes. Le rascisme anti campagnard par les Bishkekois de naissance est cependant tres perceptible et demontre une importante fracture ville-campagne. Quant au sexisme, c’est probablement a celles qui le vivent d’en juger. Mais meme d’un point de vue masculin, force est de constater que ces dernieres sont bien representees mais que chaque genre reste neanmoins bien dans son role. Un rapide coup d’oeil aux personnes occupants les postes de decisions permet vite de voir que le sexisme reste de mise.

    8 août 2017

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