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Sooronbaï Jeenbekov, président fantôme du Kirghizstan ?

Azim Azimov, célèbre blogueur kirghiz et spécialiste de la communication et des médias, a donné son point de vue sur le nouveau président du Kirghizstan, Sooronbaï Jeenbekov. Pour lui, le nouveau leader kirghiz est un président fantôme qui reste encore largement dans l’ombre de son prédécesseur.

Novastan reprend et traduit un article d’Azim Azimov initialement paru sur Kloop.kg.

Il arrive que, lorsqu’on ampute une jambe, la personne amputée ait la sensation que ladite jambe, pourtant disparue, la démange encore. C’est ce qu’on appelle une douleur fantôme. En quelque sorte, il en va de même pour Sooronbaï Jeenbekov, récemment élu à la tête du Kirghizstan.

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Aujourd’hui encore, au Kirghizstan, lorsque l’on parle du président, on pense encore à Almazbek Atambaïev. Et, une fois qu’on s’est rendu compte de son erreur, on la rectifie avec un certain embarras. Bien sûr, on parlait de l’ancien président du Kirghizstan, et non de Sooronbaï Jeenbekov.

« L’ami Sooronbaï »

Sooronbaï Jeenbekov est bien le président du Kirghizstan. Mais il faut un peu de temps pour se faire à l’idée.

Mais c’est Almazbek Atambaïev lui-même qui est responsable de cette situation. Lors de la passation de pouvoirs, il s’est adressé familièrement à son successeur, l’appelant « Soké-dossoum » (l’ami Sooronbaï, en français) plutôt que « Monsieur le Président », comme il est d’usage. Et voilà l’image que tout le pays retiendra désormais de son nouveau leader, des chauffeurs de taxi aux députés de la nation : l’ami Soorbonbaï, ou Soké.

Président Kirghizstan Sooronbaï Jeenbekov Homolgues Minsk

Au-delà de cette appellation familière, le nouveau résident du palais présidentiel a réservé au peuple kirghiz quelques surprises. Sooronbaï Jeenbekov s’est rendu à Minsk en Biélorussie afin de rencontrer les dirigeants des pays postsoviétiques voisins. Et les photos de l’événement parlent d’elles-mêmes. Le nouveau Président kirghiz est souriant, grand, presque aussi grand que son homologue biélorusse, Alexandre Loukachenko, pourtant mesurant plus d’1m90. Son costume lui va comme un gant. Et il parvient à résoudre la situation avec la frontière kazakhe !

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Sortir de l’ombre

La question se pose donc ainsi : comment sortir de l’ombre d’Almazbek Atambaïev ? Il est évident que l’actuel Président kirghiz n’est pas en mesure de nommer lui-même les responsables de l’appareil d’État, ni les membres chargés de sa protection rapprochée. Sans parler des services de sécurité du pays ou du procureur général… Le nouveau président du Kirghizstan est totalement dépendant du personnel de son prédécesseur.

En général, les Soviétiques gardent leur arbre de Noël jusqu’au mois de mars. Au Kirghizstan, on peut imaginer que les citoyens en feront autant avec Almazbek Atambaïev, qu’ils conserveront son portrait jusqu’en mars avant de le décrocher pour faire place au nouveau président, Soké. Et il faut espérer que les bureaux des différentes administrations du pays en feront autant.

Azim Azimov

Traduit du russe par la rédaction

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Sooronbaï Jeenbekov (à gauche) lors de la passation de pouvoir en présence de son prédécesseur, Almazbek Atambaïev (au fond)
Kloop.kg
Le président du Kirghizstan, Sooronbaï Jeenbekov, avec ses homologues russe et kazakh à Minsk
Kloop.kg
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