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Tadjiks et Kirghiz s’affrontent à la frontière à coups de pierres et de fusils de chasse

Dans la nuit du 9 au 10 janvier dernier, des citoyens des deux Etats voisins se sont à nouveau affrontés à coups de pierres et de fusils de chasse. Les conflits entre Kirghiz et Tadjiks à la frontière se multiplient depuis 2019 et ne semblent pas être contrôlés par les pouvoirs centraux. 

Un nouveau conflit a opposé citoyens kirghiz et tadjiks dans la nuit du 9 au 10 janvier, faisant plusieurs blessés selon les médias kirghiz. La situation semble confuse à la frontière, un village kirghiz a été entièrement évacué, alors que les versions des faits divergent entre rapports officiels kirghiz et tadjiks.

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Selon le média kirghiz 24.kg, les faits se sont déroulés dans la région de Batken, dans le sud du Kirghizstan, au niveau du village de Jaka-Oruk. Pour les autorités kirghizes, des citoyens tadjiks ont lancé des pierres sur une voiture dans le district de Kocho-Karyn, des faits qui se sont répétés dans la nuit du 10 au 11 janvier. La voiture conduisait de Batken au village de Kok-Tash. Toujours le 10 janvier au matin, vers 2 h 40, des citoyens tadjiks ont lancé abondamment des cailloux sur des maisons kirghizes dans le village de Dahma. Les gardes-frontières et des policiers kirghiz se sont rendus sur les lieux, où ils ont essuyé des tirs de fusil de chasse en provenance de la frontière avec le Tadjikistan. A la suite de cela, le ministère de l’intérieur de la région a fait évacuer dans la nuit l’ensemble des habitants du village kirghiz de Dahma.

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Le 9 janvier dans l’après-midi, les habitants de Kok-Tash ont également déclaré que des citoyens tadjiks avaient tenté de mettre le feu à une maison kirghize avant de s’enfuir de l’autre côté de la frontière.

Des versions contradictoires

A l’inverse, selon les autorités tadjikes, un grand groupe de résidents du village kirghiz de Kok-Tash et du conseil du village d’Aksai du district de Batken au Kirghizistan se sont rassemblés près d’une maison la nuit du 9 au 10 décembre, rapporte le média Central Asia.media. Ils étaient armés de fusils de chasse et bloquaient le passage des citoyens tadjiks sur la route du village de Somoni dans la région tadjike de Souhgd.

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Vers 21 h 30, les Kirghiz ont lancé des pierres sur une voiture appartenant à un habitant du village voisin tadjik, cassant ses vitres. En réponse aux actions provocatrices des citoyens kirghiz, à 0 h 10 du matin, des habitants du village de Khojai Alo ont lancé des pierres sur la voiture d’un Kirghiz, selon le rapport. Les polices des deux pays sont arrivées peu après et ont pris contrôle de la situation.

Ce samedi 11 janvier, vers deux heures du matin, les habitants du village de Kok-Tash ont ouvert le feu avec des fusils de chasse, mais la police et les gardes-frontières des deux pays ont conjointement arrêté la provocation.

Les pouvoirs centraux dépassés

Les gardes-frontières kirghiz ont réfuté la version tadjike en les accusant de déformer la réalité, comme le décrit 24.kg. « La partie kirghize a été forcée d’évacuer des femmes et des enfants du territoire qui a été la cible de tirs. Les tirs n’ont été effectués qu’à partir du territoire du Tadjikistan. Les citoyens kirghiz n’ont pas utilisé d’armes. Dans le même temps, la partie tadjike ne prend pas de mesures contre leurs citoyens, dont les actions provocatrices conduisent à une aggravation de la situation et introduisent la discorde dans le dialogue entre la population des régions frontalières des deux États », ont-ils affirmé.

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Les présidents des deux pays se sont appelés le 11 janvier au matin, annonçant l’importance d’avancer dans les discussions sur la frontière et sur la stabilisation de la situation. Sans pourtant annoncer quelque mesure supplémentaire pour mettre fin à des conflits qui se multiplient et s’intensifient depuis près d’un an.

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« Entre le Kirghizstan et les Tadjiks, il y a eu, est et sera une amitié vieille de plusieurs siècles. Nous ne devons pas permettre une escalade de la situation à la frontière. Malheureusement, récemment, les conflits dans la zone frontalière sont devenus plus fréquents. La veille, un autre incident s’est produit sur le territoire frontalier du Kirghizstan et du Tadjikistan », a souligné le président kirghiz Sooronbaï Jeenbekov dans son communiqué rapporté par le média 24.kg suite à la discussion avec le président tadjik Emomalii Rahmon.

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Le chef d’Etat kirghiz a souligné l’importance de la sensibilisation de la population locale afin de prévenir de tels cas. Et il a souligné qu’à la suite de l’enquête conjointe, il était nécessaire de punir les responsables du conflit transfrontalier. Cependant, ce même discours semble être prononcé après chaque conflit sans que cela empêche l’apparition de nouvelles violences le long de la frontière. Celle-ci est de 976 kilomètres, quand seulement 504 kilomètres sont délimités.

La rédaction

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La frontière entre le Kirghizstan et le Tadjikistan est le théâtre de conflits violents.
UNDP
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