Pamir Tadjikistan Pauvreté Village

Trois États centrasiatiques parmi les plus pauvres du monde

Partager avec

Le Tadjikistan, l’Ouzbékistan et le Kirghizstan figurent parmi les dix pays les plus pauvres du monde d’après les experts de Focus Economics. Un bilan inquiétant pour la région.

Novastan reprend et traduit un article initialement publié sur le média centrasiatique en ligne Kaktakto.

Les spécialistes du magazine Focus Economics ont établi le classement des dix pays les plus pauvres du monde. Parmi eux figurent trois États d’Asie centrale : le Tadjikistan, l’Ouzbékistan et le Kirghizstan. Pour mesurer le niveau de richesse, les économistes ont choisi le Produit intérieur brut (PIB) par habitant. Un indicateur considéré comme un bon moyen de mesurer niveau de vie de la population d’un pays donné car il exprime le bien-être moyen de cette population.

Lire aussi sur Novastan : Le Tadjikistan dément restreindre les importations en provenance d’Ouzbékistan

La plupart des États les plus pauvres sont soumis à des régimes autoritaires, à une instabilité politique, disposent d’institutions financières peu solides, de mauvaises infrastructures et souffrent de corruption. Tous ces facteurs découragent les investisseurs étrangers. Pourtant, ces pays jouissent souvent d’importantes ressources naturelles, ainsi que d’une population jeune et croissante.

Tour d’horizon de la situation des pays centrasiatiques.

Focus Economics Pays Pauvreté 2018

Tadjikistan

Le Tadjikistan occupe la quatrième place du classement des États les plus pauvres, avec un PIB par habitant estimé en 2018 à 836 dollars. Le pays a obtenu son indépendance après la chute de l’Union soviétique, mais une guerre civile a éclaté dès 1992, pour ne s’achever que cinq ans plus tard, en 1997.

Malgré ce niveau de pauvreté, la situation va dans le bon sens. La stabilisation politique a suivi la guerre civile et les aides extérieures ont permis de développer l’économie du pays. Selon les statistiques de la Banque mondiale, le niveau de pauvreté est ainsi passé de 83 % à 47 % entre 2000 et 2009, puis de 37 % à 30 % entre 2012 et 2016. Si cette diminution a connu un coup d’arrêt, les observateurs estiment que le niveau de pauvreté au Tadjikistan baissera encore d’ici 2019 pour atteindre 25 %.

Lire aussi sur Novastan : Le Tadjikistan, bientôt un géant du tourisme ?

Selon les prévisions, l’économie, qui dépend en bonne partie des transferts de fonds de citoyens expatriés, devrait repartir à la hausse en 2018. Le secteur de l’industrie, les investissements étrangers et la consommation privée, soutenue par les transferts de fonds et la hausse des salaires, favorisent également la croissance économique.

Il n’en demeure pas moins que cette croissance a diminué au cours de l’année 2017 en raison de la baisse des crédits du secteur privé. Les risques demeurent principalement liés aux crédits inefficaces du secteur bancaire. Les experts de Focus Economics s’attendent à un taux de croissance du PIB de 5,1 % en 2018 et 5,2 % en 2019.

Ouzbékistan

On retrouve l’Ouzbékistan à la huitième place du classement. Le PIB par habitant devrait y atteindre 1 026 dollars en 2018. L’économie de ce pays riche en matières premières a connu une forte croissance entre 2004 et 2016, qui s’explique par le prix important des matières premières et la hausse des exportations en gaz, en or et en cuivre.

Le prix de ces matières premières a cependant chuté entre 2013 et 2016 et la baisse des indicateurs financiers chinois et russes, deux partenaires commerciaux clefs de Tachkent, a eu une influence négative sur l’économie ouzbèke.

Lire aussi sur Novastan : Ouzbékistan : la construction en plein boom

Un nouveau cycle a démarré au tournant de 2017 après l’arrivée au pouvoir de Chavkat Mirzioïev. Le second président ouzbek depuis l’indépendance a trouvé un pays immobilisé après avoir été dirigé durant plus de 25 ans par Islam Karimov.

En février 2017, le nouveau gouvernement a lancé une Stratégie de développement de l’Ouzbékistan pour 2017-2021, qui prévoit notamment des mesures de libéralisation de l’économie. L’une d’entre elles, qui a pour objectif d’aligner les taux de change aux cours du marché,  a été mise en place en septembre 2017.

Lire aussi sur Novastan : L’Ouzbékistan s’ouvre aux capitaux étrangers en libéralisant sa monnaie, le soum

Avec 5,3% de croissance en 2017, un ralentissement par rapport aux 7,8 % l’année précédente. La croissance de 2016 a cependant été probablement gonflée, a reconnu le président ouzbek lui-même.

Les prix des matières premières ayant recommencé à grimper, on s’attend à ce que la croissance économique ouzbèke reparte à la hausse par rapport à 2017. Toutefois, à court terme, la mise en place des réformes économiques va ralentir cette croissance. Les analystes de Focus Economics s’attendent à voir le PIB du pays remonter à 6,2 % en 2018, puis 6,1 % en 2019.

Kirghizstan

Le Kirghizstan occupe la dernière place du classement des pays les plus pauvres. Le PIB par habitant y est estimé à 1 222 dollars en 2018. Sans accès à la mer, ce pays, essentiellement composé de montagnes et comptant sur une population d’un peu plus de 6 millions d’habitants, a adopté en 2011 un régime parlementaire.

Rescapée d’une période de forte instabilité politique et sociale, minée encore par un pouvoir laxiste et une corruption omniprésente, la démocratie kirghize vit pourtant de bien meilleures heures que dans les années 1990.

Lire aussi sur Novastan : Les Jeux nomades vont aggraver le déficit du Kirghizstan

L’économie du Kirghizstan est également sujette aux troubles sur la scène internationale en raison de sa dépendance démesurée à l’énorme mine d’or de Kumtor, dont l’activité représente près de 10 % du PIB du pays, ainsi qu’aux transferts de fonds, qui représentent environ 30 % du PIB.

Selon les prévisions, les investissements dans le capital fixe vont contribuer à la croissance économique du Kirghizstan, tandis que son commerce extérieur va profiter de la croissance de l’économie mondiale. Les spécialistes de Focus Economics  prévoient une croissance de 3,9 % du PIB kirghiz pour 2018 et 4,7 % pour 2019.

Alexandre Chabaline
Rédacteur pour Kaktakto

Traduit du russe par Pierre-François Hubert

Édité par Karl Haddad

Si vous avez aimé cet article, n’hésitez pas à nous suivre sur TwitterFacebookTelegramLinkedin ou Instagram !
Vous pouvez également vous inscrire pour recevoir notre 
newsletter hebdomadaire ou nous soutenir en devenant membre de la communauté Novastan.

Le Tadjikistan est le 4ème pays le plus pauvre du monde selon Focus Economics.
Evgeni Zotov
Focus Economics a réalisé des analyses et des prévisions pour mesurer le PIB par habitant de chaque pays du monde.
Focus Economics
Aucun commentaire

Ecrire un commentaire

Captcha *