Carte de la vallée du Ferghana entre Ouzbékistan, Tadjikistan et Kirghizstan

Un nouveau conflit éclate autour de l’enclave de Vorukh, entre Tadjikistan et Kirghizstan

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Les habitants de la zone frontalière de l’enclave de Vorukh entre le Kirghizstan et le Tadjikistan sont en conflit autour d’un projet d’approvisionnement en eau de la fondation Aga Khan.

Novastan reprend et traduit un article initialement publié par le média spécialisé sur l’Asie centrale et basé en Russie, Fergana.ru.

Le 12 septembre dernier dans la soirée, un conflit a éclaté entre une centaine d’habitants de l’enclave tadjike de Vorukh et du Kirghizstan frontalier, rapportent Ozodi, la branche tadjike de Radio Free Liberty, et le média kirghiz Turmush. Formée après la chute de l’URSS en 1991, l’enclave de Vorukh est un territoire tadjik entièrement entouré du Kirghizstan, dans le sud du pays. Depuis plusieurs années, les conflits s’accumulent entre les populations kirghizes locales et celles tadjikes présentes dans l’enclave. 31 000 habitants tadjiks ont été recensés à Vorukh.

Récemment, la Fondation Aga Khan, gérée par le milliardaire tadjik du même nom, a alloué des fonds pour assurer l’approvisionnement en eau du village de Tojikon, situé dans l’enclave de Vorukh. Les habitants kirghiz de la région de Batken s’opposent à la réalisation de ce projet.

Le soir du 12 septembre, un conflit a éclaté entre les Kirghiz et les Tadjiks, mettant fin temporairement aux travaux de construction du projet d’approvisionnement. Selon les Tadjiks, des Kirghiz sont arrivés sur des tracteurs et ont commencé à interférer avec la construction. Ils ont expliqué que la conduite d’eau ne peut pas être construite lorsqu’il n’y a ni eau potable ni eau d’irrigation dans le reste du district. Selon le média kirghiz Turmush, une cinquantaine de personnes de chaque côté ont participé à la querelle.

Les autorités tentent d’apaiser la situation

Selon les habitants de Tojikon, les gardes-frontières kirghiz se sont approchés de la frontière après l’incident et les surveilleraient. Les autorités locales de la ville d’Isfara au Tadjikistan, dont dépendent les habitants de l’enclave de Vorukh, ont déclaré que des procureurs sont arrivés sur les lieux depuis les districts voisins. Il est prévu que la question soit examinée lors de la réunion des gouverneurs des régions d’Isfara et de Batken très prochainement.

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Le dernier incident frontalier qui a eu lieu entre le Kirghizstan et le Tadjikistan s’est également passé à Vorukh, le 20 juillet dernier. Deux gardes-frontières kirghiz avaient alors été arrêtés par les autorités tadjikes, puis relâchés. L’incident du 20 juillet dernier est le plus récent accrochage frontalier entre Bichkek et Douchanbé. Précédemment, le 4 juin dernier, un nouvel incident a opposé les gardes-frontières des deux États dans le district kirghiz de Leilek, lui aussi dans la province de Batken. Les conflits dans la vallée du Ferghana partagé entre Tadjikistan, Ouzbékistan et Kirghizstan sont réguliers depuis plusieurs années.

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Derrière ces conflits répétés, on trouve un manque de définition de la frontière entre Kirghizstan et Tadjikistan. La longueur de la frontière tadjiko-kirghize est de 976 kilomètres, mais seulement 504 kilomètres sont officiellement délimités et démarqués.

Traduit du russe par la rédaction

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Carte de la vallée du Ferghana entre Ouzbékistan, Tadjikistan et Kirghizstan
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