Tobias Marschall et Suzy Blondin, deux chercheurs suisses présentent leur travail à l'Inalco le 27 novembre

Une journée d’études sur l’Asie centrale organisée à Paris

La première journée d’études sur l’Asie centrale a eu lieu le 27 novembre dernier à l’Inalco. Une journée qui a permis à des spécialistes de la région de présenter leurs recherches et partager leurs connaissances.

C’est à l’initiative de l’IPAC (Initiative pluridisciplinaire sur l’Asie centrale) qu’a été organisée à l’Inalco à Paris la première journée d’études sur l’Asie centrale, le 27 novembre dernier. Un évènement qui a permis d’évoquer les grandes questions qui traversent la région : évolution des pouvoirs politiques, état de l’économie, migrations ou encore les enjeux géo-stratégiques avec les pays voisins.

Tout au long de la journée, le public a pu découvrir le travail des différents chercheurs spécialistes de l’Asie centrale. L’événement a attiré une cinquantaine de personnes dont des étudiants de l’Inalco mais aussi des passionnés de l’Asie centrale venus pour en apprendre davantage sur l’un ou l’autre des pays de la région.

Terrorisme et influences régionales

Originaire de Russie, Alexandra Bolonina (en thèse à Paris II) a, par exemple, fait un point sur ses recherches en cours dans le domaine de la sécurité en Asie centrale. Elle a notamment rappelé que « entre 2000 et 4000 djihadistes d’Asie centrale ont été dénombrés (dans la zone irako-syrienne, ndlr) » et que leur retour inquiètent les autorités locales. Des États qui redoutent aussi les activités du groupe Etat islamique alors que l’organisation djihadiste poursuit son implantation en Afghanistan. La doctorante a rappelé pourtant que bien souvent les différentes initiatives mises en place pour garantir la stabilité servent essentiellement les pouvoirs en place : « on est passé d’outils qui devaient veiller à la stabilité sécuritaire et qui se transforment en machines à assurer la stabilité politique ».

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Dans le domaine sécuritaire comme économique, les influences des grands pays voisins ont été au cœur des discussions. Même si son influence baisse, la Russie reste le premier partenaire de la plupart de ces cinq ex-Etats membres de l’URSS (Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Turkménistan), « la Chine prend de plus en plus d’importance notamment sur le plan économique », note Arman Akhunbaïev, un doctorant kirghiz en économie à Grenoble. Tous les pays de la zone sauf le Turkménistan ont ainsi un déficit commercial avec la Chine. Et la tendance risque de se poursuivre, malgré les richesses naturelles dont regorge la région. L’économiste plaide donc pour davantage de coopération entre les États centrasiatiques qui comptent ensemble 71 millions d’habitants, un marché intérieur non négligeable.

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L’enjeu des mobilités

Plusieurs chercheurs se sont succédé pour évoquer l’enjeu de la mobilité interne pour les population que ce soit au Tadjikistan ou en Afghanistan. Les migrations externes ont aussi été discutées avec le travail d’un groupe de chercheurs sur le rapatriement des corps des travailleurs centrasiatiques décédés en Russie.

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La journée s’est terminée par la visite du fond centrasiatique de la bibliothèque universitaire des langues et civilisations qui recèle de nombreux trésors qu’ont pu découvrir les participants. Une première journée d’études très riche qui, l’espèrent les organisateurs, pourrait être reconduite l’an prochain.

Nicolas Ropert
Journaliste pour Novastan

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Tobias Marschall et Suzy Blondin, deux des chercheurs venus présenter leur travail à l’Inalco le 27 novembre.
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