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Une seconde base militaire russe va être construite au Kirghizstan

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La Russie et le Kirghizstan conduisent des négociations au sujet du déploiement d’une nouvelle base russe militaire dans la petite république centrasiatique. Les parties ne sont pour l’instant pas parvenues à un accord, mais Bichkek exige que la nouvelle base soit ouverte au sud du pays afin de « garantir la sécurité au Kirghizstan et dans la région de façon générale ».

Novastan reprend et traduit ici un article publié initialement par Gazeta.ru.

Ce serait un nouveau signe de l’influence de Moscou au Kirghizstan : selon Gazeta.ru, la Russie envisagerait de construire une seconde base militaire dans la république centrasiatique. Moscou possède déjà une base à Kant, dans l’est du pays.

Les experts se sont entendus sur l’implantation de la base dans la partie sud du pays. Ils ont rappelé que la région est frontalière du Tadjikistan, une zone particulièrement sujette aux tensions interethniques.

Une base dans le sud du pays

C’est le Premier ministre kirghiz, Sapar Isakov, qui a évoqué ces négociations au cours d’une interview avec l’agence de presse russe RIA « Novosti ». « Des consultations ont été menées à ce sujet au niveau des ministères concernés (notamment le ministère de la Défense, ndlr). Mais nous ne sommes pas encore arrivés à une décision finale, les négociations se poursuivent toujours », a-t-il précisé le 2 octobre dernier.

Selon Bichkek, il faut déployer la nouvelle base militaire dans le sud de la République. Comme l’a expliqué Sapar Isakov, c’est une mesure nécessaire à « la garantie de la sécurité non seulement au Kirghizstan, mais dans la région de façon générale ».

Almazbek Atambaïev avait suggéré l’idée

L’ouverture d’une seconde base militaire russe sur le territoire kirghize avait déjà été proposée plus tôt par le président Almazbek Atambaïev, qui va quitter le pouvoir le 15 octobre prochain. Comme l’explique l’agence « Ferghana », ce dernier avait expliqué au cours d’une conférence de presse en juillet dernier qu’il proposait d’ouvrir une seconde base, sans pour autant agrandir la capacité de la première. Almazbek Atambaïev avait alors rappelé la nécessité de fonder une base dans le Sud du pays, à la frontière avec le Tadjikistan, où il estime que la situation est « mauvaise ».

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« Il faut avant tout motiver la Russie, car ce projet nécessite des fonds importants. Il est probable que la base ne soit pas construite. Il nous faut renforcer nos forces armées. La Russie nous aide à ce niveau, Moscou nous fait parvenir des milliers de tonnes de matériel militaire, qui nous est d’ailleurs nécessaire. Bientôt, nous allons officiellement procéder à l’acquisition de deux avions donnés par la Russie », avait-il poursuivi.

La proximité avec le Tadjikistan et l’Afghanistan invoquée

« Le Sud, c’est la partie la plus complexe du Kirghizstan », estime Alekseï Malachenko, membre du Conseil scientifique du Centre moscovite Carnegie dans une entrevue avec Gazeta.ru. « Par ailleurs, la zone comprend des frontières internationales avec les Etats voisins, avec qui la situation politique demeure mitigée, par exemple le Tadjikistan. N’oublions pas non plus que le Kirghizstan est relativement proche de l’Afghanistan, et est donc exposé en cas d’instabilité politique », affirme l’expert, pour qui cette seconde base serait « adéquate ».

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Aujourd’hui, il existe une base militaire russe au Kirghizstan, composée de quatre structures : l’aérodrome des forces collectives d’action rapide de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) à Kant, une base d’essai maritime à Issyk-Koul, un centre de transmissions dans le village de Tchaldovar et un centre d’analyse sismique à Mayli-Say.

Un changement de perspective russe

Jusqu’en 2014, le Kirghizstan disposait de cette base ainsi que d’une base américaine située dans l’aéroport Manas, l’unique de la capitale Bichkek. La fermeture de cette base, consécutive au retrait américain d’Afghanistan et d’une politique pro-russe menée par Almazbek Atambaïev, avait déjà renforcé l’influence russe sur le pays le plus démocratique d’Asie centrale.

La Russie compte aujourd’hui s’appuyer sur l’état sécuritaire du pays. À la mi-septembre, le président russe Vladimir Poutine a expliqué que la situation géographique du pays était prétexte au déploiement d’une nouvelle base russe au Kirghizstan. Selon le chef d’Etat russe, le Kirghizstan « est un très petit pays par sa population, mais à la situation géographique particulièrement intéressante ». Vladimir Poutine a par ailleurs déclaré que « la base sera un bon moyen de contenir les terroristes et extrémistes de tous bords. »

Une position qui a varié depuis le début de l’année. En février 2017, le chef de l’Etat russe affirmait ainsi que « si un jour, le Kirghizstan nous dit que nous avons tant renforcé leurs armées qu’une base [russe sur leur territoire] n’est plus nécessaire, alors nous nous en irons ». Avec une seconde base, cette perspective semble n’être plus la même.

Traduit du russe par Rémi Constant

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La Russie devrait construire prochainement une seconde base au Kirghizstan.
Dmitry Dzhus
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