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Volontariat, enfants, réformes et neutralité : l’année 2020 selon les chefs d’État d’Asie centrale

Dans les cinq pays d’Asie centrale post-soviétique, il est de tradition de nommer les années, permettant ainsi d’indiquer la priorité du développement du pays pour celle qui commence. Même si cette année cette tradition n’est pas respectée par tous les pays de la région, Novastan vous offre un tour d’horizon des noms et orientations officielles de 2020 dans les cinq républiques d’Asie centrale.

2020 est en Asie centrale l’année du volontariat, des enfants, ou de la neutralité selon les pays. Chaque année, peu avant le 31 décembre ou lors de leur allocution traditionnelle du nouvel an, les chefs d’État de la région annoncent la direction principale de leur politique pour l’année à venir en la dénommant.

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Faire le tour de ces annonces souvent très politiques n’est pas une prévision de ce que sera l’année à venir, mais cela donne une idée de la direction que pourrait prendre le pays.

Kazakhstan : après la jeunesse, le volontariat

Après l’année de la jeunesse en 2019, le nouveau président kazakh, Kassym-Jomart Tokaïev reste sur la même ligne en 2020 en plaçant l’année sous le nom du volontariat. Dans son discours du 11 décembre dernier pour la conclusion de 2019, le président kazakh a précisé ce qu’il entendait par « volontariat », comme le rapporte la télévision publique kazakh, Khabar. « Il est généralement admis que le volontariat est un mouvement originaire de l’Occident et, disent-ils, n’a rien à voir avec nous. Mais nous savons tous que l’essence même du volontariat – faire quelque chose à partir de bonnes intentions – est conforme à nos traditions et valeurs nationales. Le bénévolat n’est pas seulement un travail gratuit, mais un indicateur de la responsabilité des citoyens et de leur volonté de changer le monde pour le mieux », a affirmé Kassym-Jomart Tokaïev.

L’annonce de cette année s’est accompagnée d’un programme précis pour stimuler le volontariat au Kazakhstan. Tous les projets de bénévolat de l’année à venir seront regroupés dans sept domaines selon le discours du président. Parmi eux, on trouve le parrainage des enfants d’orphelinats, le nettoyage des rivières et des forêts, la plantation d’arbres et la formation au tri des ordures. Le volontariat médical sera encouragé pour fournir une assistance au soin des malades, ainsi que l’aide aux maisons d’infirmiers et l’assistance aux élèves des écoles secondaires rurales préparant le test pour accéder à l’université. L’accent sera également mis sur la préservation du patrimoine culturel et historique, matériel et spirituel, l’enseignement de l’anglais et de l’informatique et la recherche historique sur les Kazakhs ayant participé à la Seconde Guerre mondiale dans le cadre du 75ème anniversaire de la victoire.

Le Kirghizstan prolonge les années 2018 et 2019

Au Kirghizstan, 2020 est l’année « du développement des régions, de l’informatisation du pays et du soutien aux enfants ». Si l’année 2020 semble être annoncée sous trois directions de développement très différentes, c’est que, comme l’a expliqué le président kirghiz Soroonbaï Jeenbekov lors de son allocution de la nouvelle année, 2020 doit prolonger les changements positifs des années précédentes.

2018 était l’année du développement des régions, et 2019 l’année du développement des régions et de l’informatisation du pays. Le président kirghiz rajoute le soutien aux enfants car « prendre soin des enfants est la chose la plus noble que nous puissions faire dans cette vie. » Soroonbaï Jeenbekov, contrairement à son homologue kazakh, n’a pas annoncé de projets concrets dans le cadre de cette année 2020.

Ouzbékistan : 2020 dans la continuité

Comme son voisin kirghiz, le président ouzbek Chavkat Mirzioïev a placé dans son allocution  l’année 2020 sous le signe de la continuité, sans lui attribuer de dénomination officielle. C’est pourtant une tradition en Ouzbékistan de nommer les années, notamment depuis 2016 et l’accession de Chavkat Mirzioïev au pouvoir. 2017 était « l’année du dialogue avec le peuple et des intérêts de l’Homme », 2018 était l’année du « soutien à l’entrepreneuriat actif, aux idées innovantes et aux technologies » et 2019 celle de « l’investissement actif et du développement social ».

Selon le discours de nouvelle année du président ouzbek, 2020 sera une année où « nous continuerons activement les réformes socio-économiques de grande échelle ».

Le président ouzbek a ensuite énuméré le but de ces réformes : « la création de nouveaux emplois, un cadre encore plus favorable à la propriété privée, la promotion de l’esprit d’entreprise et un environnement propice aux affaires ». Tout en mettant l’accent sur l’importance d’augmenter « les revenus réels de la population ». Bref, 2020 sera une année de continuité, alors que les réformes engagées depuis 2017 semblent produire leurs premiers effets et attirent l’attention de la communauté internationale, puisque même le magazine anglo-saxon The Economist a désigné l’Ouzbékistan le « pays de l’année ».

Tadjikistan : élection, Rogun, mais pas de dénomination pour 2020

Alors que 2019 était l’année « du développement des villages et de l’artisanat traditionnel » au Tadjikistan, 2020 n’aura pas de nom, traditionnellement annoncé dans les derniers jours de décembre lors de l’allocution du président devant le parlement.

Cependant, dans son message du nouvel an et un message adressé au Parlement du pays quelques jours plus tôt, le président Emomalii Rahmon a parlé de ce qui sera fait dans les prochains 366 jours : des efforts pour améliorer la vie des citoyens de la République, le développement de l’État, son poids politique sur la scène régionale et internationale et son économie, mais sans vraiment rentrer dans les détails.

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« En 2020, nous avons planifié la mise en œuvre de nombreux travaux », a affirmé le président tadjik durant son allocution de nouvelle année, restant assez évasif sur la direction concrète de 2020. Emomalii Rahmon a pourtant rappelé l’importance de l’année à venir pour le Tadjikistan, qui verra l’élection du parlement. Alors que le président a mentionné l’installation du second agrégat de turbine du méga-projet du barrage hydroélectrique de Rogun comme la principale réalisation du pays en 2019, l’année 2020 devrait voir la poursuite de cette construction. Le besoin de financement pour la terminer sera certainement au cœur des discussions.

Turkménistan : neutralité chérie et souris industrieuse

Au Turkménistan, l’année 2020 ne se passera pas sous les auspices de programmes sociaux et économiques, mais sous ceux de la célébration de la doctrine de politique internationale de la République : la neutralité. Cela vise à célébrer les 25 ans de cette politique sur la scène internationale. 2020 sera donc l’année fêtant « le Turkménistan comme la patrie de la neutralité », après 2019 qui fêtait « le Turkménistan comme la patrie de la prospérité ».

Dans le pays le plus fermé d’Asie centrale, les noms des années ont comme objectif de célébrer plutôt que de présenter un programme, comme l’a annoncé le président turkmène Gourbangouly Berdimouhamedov. Cet anniversaire des 25 ans de la neutralité turkmène est une raison solide « pour célébrer largement et solennellement le 25e anniversaire de la neutralité permanente de notre État souverain ».

L’année 2020, qui est celle du rat/souris dans le calendrier chinois, est également fêté au Turkménistan, comme l’a rappelé le président turkmène lors de son allocution du nouvel an. « Selon le calendrier turkmène, l’année 2020 est l’année de la souris, qui se distingue par son caractère industrieux particulier, son énergie, elle n’a pas peur des difficultés, est déterminée, et surtout, elle ne se fatigue pas dans son travail. De riches récoltes sont attendues l’année de la souris. »

La rédaction

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Les photos officielles des cinq présidents d’Asie centrale lors de leurs vœux télévisés pour l’année 2020.
Collage des photos officielles
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