Zamira Moldocheva

Zamira, étoile de fil en aiguille

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Avec les mains en or viennent aussi les goûts de luxe. Zamira Moldocheva,  styliste et maquilleuse, travaille presque exclusivement avec des célébrités. Robes, cols et même boutons sont méticuleusement pensés et assemblés.

A 43 ans, Zamira a énormément de succès au Kirghizstan, tout comme à l’étranger. Elle participe chaque année à la Journée des créateurs de beauté (9 septembre) de la capitale kirghize.

Zamira s’est lancée dans le métier en 1995, à l’âge de 23 ans. Ce n’était pas un hasard. Ni un choix : elle ne s’imaginait bien que dans l'industrie de la mode et de la beauté, nulle part ailleurs.

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Après avoir fini l'université Polytechnique à Bichkek, spécialité technologie des produits de couture, elle est d’abord partie travailler dans l’atelier d’une grande entreprise. Mais malgré les coups d’aiguille, elle n’a pas eu de coup de foudre. « Je ne pouvais plus supporter ce poste », se souvient Zamira. « Un travail monotone, dans lequel on ne pouvait pas montrer sa touche créatrice. »

C’est là qu’elle a découvert le métier de styliste, et s’est précipitée à UKECTA (L'Université d’État de la Construction, du Transport et de l'Architecture), pour devenir, enfin, designer.

En quittant l'atelier, Zamira s’est d’abord occupée de la coiffure et a ouvert son premier salon.

« Même dans mon sommeil, je dessine, je crée »

Les années ont passé, et avec elles se développaient la maîtrise et l'amour de l'art. Alors, discrètement, une jeune designer a commencé à tracer son chemin et se faire un nom.

 « J’ai commencé à peindre à huit ans, et à quatorze ans j’ai cousu ma première jupe. J’ai pris un tissu de ma mère, et cousu à la machine, sans plan », raconte Zamira. A croire qu’elle y était destinée. « Même dans mon sommeil, je dessine, je crée. Je rêve souvent de différents modèles, de silhouettes, d’ombres. Je me réveille et je mets ces idées sur le papier.  Souvent, je les utilise dans mes collections. »

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A 38 ans Zamira Moldocheva a ouvert un grand atelier. Rêve d’enfance mais coup de poignard dans le dos : elle comprend vite que ce business tue en elle sa nature créatrice, et prend la décision de le fermer, six mois plus tard.

Zamira a commencé à montrer son penchant pour la création très tôt. A peine 3 ans et la voilà en train de couper, déchirer, coller, colorier. Avant même l’âge de la révolte, la révolte la poussait vers de nouvelles créations, les unes plus folles que les autres. Aussi loin qu’elle s’en souvienne,  Zamira aspirait à être spéciale, et artiste. Peut-être aussi un peu aventurière: « Je ne voulais pas être comme tout le monde. Je ne savais pas vraiment comment me distinguer des autres, alors j’ai commencé à mettre du rouge à lèvre noir.» Adolescente, elle n’achetait les habits que pour les découdre et les refaire à son goût.

« J’ai  l’impression que j’ai toujours su qu’un jour, j’aurai mon salon de beauté. À vrai dire, pendant dix ans j’allais exactement dans cette direction, pas à pas… » Zamira dirige aujourd’hui une maison de la mode ainsi qu’un salon de la beauté. « Cette année, en avril, on a fêté les huit ans de l’ouverture. » Si les idées viennent toutes de Zamira, elle reste entourée d’une équipe de sept, tous créateurs, qui croisent leurs regards, leurs rêves et leurs préférences.

Au cours des deux dernières années elle a créé une collection pour  le «kyz uzаtuu», la rencontre traditionnelle des deux fiancés. Ayant récemment fini le travail sur le projet «Kanykey», Zamira Moldocheva a entamé un nouveau projet sous le nom «Jeydech». Ses vêtements recoupent tous les styles, malgré un goût marqué pour l’avant-garde, l'ethnique et le casuel. 

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Tout cela est à la mode : le beau, le moderne. Mais surtout le Kirghizstan, ses histoires et ses motifs. Aujourd'hui, ses clients réguliers sont les stars de l'estrade nationale : Assol' Moldokmatova, Roza Amanova, Goul'nour Satylganova, Samara Toktokounova, Temir Nazarov, Alexeï Filatov, Samandar, Mirbek Atabekov. Avant de monter sur scène ou de se caler derrière un objectif, les artistes s’empressent dans son salon.

Sa formule du succès ? Un époux toujours à ses côtés, qui n’a cessé de la soutenir dans toutes ses initiatives. «A chaque interview, on me demande d’où vient ma constante bonne humeur. С'est agréable d'avoir un support fiable. Parfois, les femmes commencent à pleurnicher, à se plaindre si leur mari gagne peu. Mais elles aussi peuvent travailler et réussir ! »

Dans les 5 ans à venir, Zamira Moldocheva vise à ouvrir une grande maison de la mode dans la capitale. 

Aiday Koichubakova

Relu par Marion Biremon

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