Noursoultan Nazarbaïev Kazakhstan Démission Président

[Newsletter] Nazarbaïev part, Nur-Sultan restera !

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Cette newsletter est dédiée à l’Asie centrale post-soviétique. Chaque semaine, nous vous résumons les différentes actualités de la région, tout en vous proposant les articles écrits par la rédaction. Une question, une remarque, une envie ? Envoyez-nous un mail à info@novastan.org

Notre photo de la semaine

Lénine Nazarbaïev Kazakhstan

Une photo de la semaine spéciale : Noursoultan Nazarbaïev lors de l’indépendance du Kazakhstan, il y a près de 30 ans. Le président kazakh a démissionné à la surprise générale le 19 mars pour lancer une transition qui semble millimétrée. Lisez notre portrait de Noursoultan Nazarbaïev le dernier des présidents issus de l’Union soviétique.

Cette semaine, nous vous proposons une newsletter un peu spéciale. Elle est consacrée au départ d’une des figures de l’ex-URSS, le patriarche ou « Aksakal » d’Asie centrale.

Nazarbaïev n’est plus président du Kazakhstan

Noursoultan Nazarbaïev a annoncé démissionner de la présidence du Kazakhstan le 19 mars. Lors d’une intervention télévisée le président kazakh depuis près de 30 ans a annoncé qu’il partait du palais présidentiel d’Astana, l’Akorda. Selon ses propres mots, cela a été « une décision difficile« . Notre article.

Noursoultan Nazarbaïev reste néanmoins président du conseil de sécurité kazakh, un poste auquel il a été nommé à  vie le 31 mai 2018. Ce conseil contrôle de facto les forces de l’ordre et maintient son pouvoir sur tout président qui pourrait lui succéder. Comme Noursoultan Nazarbaïev l’a fait remarquer à ses concitoyens lors de sa démission télévisée, « Jusqu’à la fin de mes jours, je serai avec vous ». Il reste également président du parti majoritaire Nur Otan et membre du Conseil constitutionnel. Il a aussi rappelé qu’il avait fait passer des lois qui lui confère un statut particulier de « Premier président » ou « Elbasy », chef de la nation en langue kazakhe. Son aura dans la région s’accroit même avec sa démission saluée et encensé par ses voisin centrasiatiqueNotre article.

Tous les portraits officiels et photo de Noursoultan Nazarbaïev vont rester à leur place. Il aura son nouveau bureau dans le « Centre Nazarbaïev », à quelques mètres du palais de l’Akorda qu’il s’était fait construire à la fin des années 1990 dans la capitale qu’il a fondé, Astana. Le « Centre Nazarbaïev » construit par l’architecte britannique Norman Foster, ressemble à un énorme œil qui se précipite dans le ciel, ou à une soucoupe volante. Notre article.

Un nouveau président et Nazarbaïeva numéro 2

Kassym-Jomart Tokaïev, ancien président du Sénat, est devenu le 20 mars président, par intérim, du Kazakhstan. C’est Noursoultan Nazarbaïev qu’il l’a lui-même annoncé lors de sa démission : « la question de la continuité du pouvoir au Kazakhstan a été résolue constitutionnellement. En cas de cessation anticipée des pouvoirs du président en exercice, ses pouvoirs sont transférés au président du Sénat avant la fin du mandat de l’élection. Ensuite, il y aura une nouvelle élection d’un nouveau président. » Notre article.

Dariga Nazarbaïeva, la fille de l’ancien président Noursoultan Nazarbaïev, a été élue le 20 mars à l’unanimité comme présidente du Sénat kazakh. Elle devient la deuxième personne la plus importante de l’Etat kazakh. Dariga Nazarbaïeva remplace ainsi Kassym-Jomart Tokaïev, devenu président par intérim du Kazakhstan dans un jeu de chaise musicale tout en haut de l’Etat kazakh. Notre article.

L’élection de Dariga Nazarbaïeva la met à un des postes les plus stratégiques de l’Etat kazakh, à la tête du pouvoir législatif. La succession de Noursoultan Nazarbaïev après sa démission le 19 mars ne fait que commencer, et semble avoir été préparée minutieusement. 

La polémique Nur-Sultan

La capitale du Kazakhstan se nomme désormais « Nur-Sultan » et plus « Astana ». La première décision du nouveau président kazakh, Kassym-Jomart Tokaïev, a été de renommer la capitale en l’honneur de Noursoultan Nazarbaïev. Notre article.

Les avenues principales des villes kazakhes ont été renommées en l’honneur de Noursoultan Nazarbaïev. Des monuments à son effigie devrait bientôt fleurir au Kazakhstan, comme l’a annoncé le nouveau président dans son discours d’inauguration.

L’annonce du nouveau nom (ou prénom) de la capitale combinée à la démission de Noursoultan Nazarbaïev a eu un retentissement international. Elle a mis en avant un côté peu avantageux d’une démission qui se voulait un acte fort envers la communauté internationale : celui d’un culte de la personnalité qui semble sans limite.

Une pétition contre la changement de nom d’Astana massivement soutenue. Lancée le 20 mars et partagée principalement par la jeune génération kazakh sur les réseaux sociaux, elle a recueilli 45 000 signatures (lien en russe). Même si elle n’aura probablement pas de lendemain, cela montre la division consommé du pouvoir kazakh avec la jeune génération (lien en russe) souvent éduquée à l’étranger et qui n’accepte pas le culte de la personnalité de leur premier président comme en témoigne les nombreux posts négatifs de Kazakhs sur les réseaux sociaux (lien en russe).

Novastan organise une conférence sur le Kazakhstan

Le 27 mars, Novastan vous invite à écouter à l’Inalco Adrien Fauve, chercheur à Paris Sud spécialisé sur le Kazakhstan, et qui a fait sa thèse sur Astana (pardon, Nur-Sultan). Rejoignez-nous pour cette conférence gratuite en vous inscrivant par là.

Notre (autre) photo de la semaine

Soumalak Norouz Printemps Photo du Jour,

Crédit: Clémentine Gilard

Vous pouvez retrouver toutes nos photos du jour en cliquant ici.

…dans le reste de l’Asie centrale

Pourquoi autant de citoyens tadjiks ont rejoint Daech ? Le ministre de la Guerre de Daech Gulmurod Khalimov, quasi-numéro 2 de l’organisation terroriste, est un ancien militaire tadjik. De nombreux Tadjiks sont dans les derniers à défendre Daech. Pourquoi Daech a attiré autant de citoyens tadjiks ? Explications dans notre article.

Le président turkmène a libéré 2000 prisonniers de droits communs à l’occasion de la fête de Norouz. Dont le journaliste Saparmamed Nepeskuliev, qui faisait l’objet d’une campagne pour qu’il soit libéré de la part de plusieurs ONG internationales. (lien en anglais)

Le parti majoritaire au parlement kirghiz, qui a porté le président actuel au pouvoir, passe à l’opposition. La politique kirghize se brouille un peu plus avec le retour dans l’arène de l’ancien président Almazbek Atambaïev (lien en russe). Les manoeuvres politiques continuent : l’ancien premier opposant à ce dernier, Omurbek Babanov a annoncé son retour prochain au Kirghizstan (lien en russe). Une décision qui ne se fera pas sans problème selon les services de sécurité kirghiz.

Le conflit à la frontière tadjike-kirghize se règle petit à petit. 7 personnes sont envoyées devant la justice du coté kirghiz (lien en russe). Le conflit avait fait deux morts coté tadjik la semaine dernière.

Les dettes des États d’Asie centrale toujours très importantes. On les dit économiquement fragiles ou dépendants. Les pays d’Asie centrale sont plombés par des dettes extérieures toujours très importantes. Pourtant les situations varient d’un État à l’autre… quand les statistiques sont publiques. Notre article.

Almaty, nouvel Eldorado pour les étudiants étrangers ? La « capitale du sud » du Kazakhstan est la ville à la mode en Asie centrale. Plus surprenant, Almaty attire de plus en plus d’étudiants venus du monde entier. Novastan est allé à la rencontre de trois d’entre eux.

Sept animaux sauvages menacés en Asie centrale. Début mars était célébrée la journée mondiale de la faune sauvage. L’occasion de dresser une liste de sept animaux sauvages menacés d’extinction vivant sur le territoire des pays d’Asie centrale. Notre article.

 

…chez Novastan France

Entre avril et août, nous organisons notre première exposition photo. Nous exposerons chez Terres d’Aventures (métro Opéra, à Paris) les photos d’Antoine Béguier, que vous pouvez voir tous les jeudis sur notre site. Rendez-vous le 11 avril prochain, à partir de 20h, pour le vernissage ! Plus d’infos par ici.

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La Rédaction

Merci de nous avoir lu jusqu’au bout ! Rendez-vous dès la semaine prochaine pour plus d’informations sur l’Asie centrale. Pour plus d’infos au quotidien, n’hésitez pas à nous suivre sur Facebook, Twitter, Linkedin, Instagram ou Telegram.

A la tête du Kazakhstan depuis 1990, Noursoultan Nazarbaïev a démissionné.
Service de presse du président kazakh
Noursoultan NazarbaÏev faisant un discours devant le buste de Lénine, en 1991.
Akorda.kz
Une femme remue le soumalak, une pâte à base de blé préparée pour la fête de Norouz. Les vœux exprimés en le remuant doivent se réaliser.
Clémentine Gilard
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