Un projet pour les Droits de l’Homme

Cela fait presque un an que le projet Francekoul.com a démarré, aujourd’hui une nouvelle équipe va prendre le relais et le projet une nouvelle envergure grâce aux subventions, aux bourses, et à une équipe qui ne cesse de s’étoffer en Asie Centrale comme en France. Francekoul.com s’agrandit, de manière pratique mais aussi dans ses ambitions, nous souhaitons répondre aux demandes d’une société centre-asiatique en constante évolution et faire de Francekoul.com un projet phare du développement de la jeunesse, de la langue française, et des talents. Voici l’ébauche de ces ambitions :

Francekoul.com
Design Alexandre Touchkov

Il y a deux façons de promouvoir et de défendre les droits universels de la personne humaine : on peut soit s’occuper de l’immédiat, tenter de sauver et de protéger l’Homme et les hommes, leurs libertés fondamentales en agissant très directement ; l’autre façon consiste à construire, à travailler sur le long terme afin que les droits de l’Homme deviennent évidents, qu’ils ne soient pas donnés, voir imposés par la société occidentale, mais qu’ils se développent dans l’esprit et dans les pratiques de sociétés qui aujourd’hui ne les connaissent ni ne les respectent. C’est cette deuxième voie que Francekoul.com entend pratiquer.

L’Asie Centrale est une des régions du monde où les droits de l’Homme sont les plus méconnus par les populations et bafoués par les pouvoirs. Cela fait plus de 20 ans maintenant que les organisations internationales et les démocraties occidentales essaient d’imposer les droits de l’Homme à ces régimes autoritaires et dictatoriaux, sans succès.

Il faut, pour comprendre cet échec flagrant, revenir à la chute de l’Union Soviétique qui a laissé un chaos sans nom dans l’ensemble de la zone. L’anarchie est ce qui a succédé à l’URSS, le plus fort est devenu en Asie Centrale celui qui avait tous les droits, de l’Homme et malheureusement bien plus… Il faut bien voir que la période où ce type de pouvoir se met en place, est aussi la période à laquelle l’occident triomphant du socialisme impose le nom, ou plutôt la marque «démocratie» et «droits de l’Homme» partout dans le monde. Une marque, oui, car ce ne fut pour les populations qu’un logo de plus, rapidement associé à l’anarchie ambiante. Aujourd’hui encore dans ces pays, quand la démocratie est synonyme de liberté absolue et incontrôlée, les droits de l’Homme, eux, sont synonymes du droit du plus fort.

Mauvaise conjoncture, erreur de propagande d’un occident victorieux, mais surtout méconnaissance et incompréhension entre deux mondes qui sont entrés en collision.

Pourquoi ce constat ? Tout simplement parce qu’aujourd’hui en Asie Centrale les défenseurs des droits de l’Homme sont nombreux, souvent maltraités, emprisonnés et parfois même tués. Les droits de l’Homme doivent-ils forcément être un combat frontal entre les bons (défenseurs des droits universels) et les méchants (dictateurs, policiers, armées…)?

Les droits de l’Homme en Asie Centrale ont déjà perdu la bataille du système politique, et même de l’opinion publique (où même quand le régime est critiqué, il ne l’est pas au nom des droits de l’Homme ou de la démocratie).

Le chemin vers l’universel, vers ce qui fait qu’un Turkmène, un Kazakh, un Russe, ou un Kirghiz sont des Hommes, des consciences, des individus avant tout autre chose, ce chemin ne peut qu’être fait que par chacun d’entre nous, individuellement. Ce chemin, c’est celui de l’éducation, de la formation, de l’instruction. Il ne s’agit pas d’obéir ou d’agir de telle ou telle façon, mais d’exercer un esprit critique, seul instrument, seule méthode pour parvenir à l’universel.

L’Asie Centrale, après plus d’un siècle de domination russe et surtout soviétique, possède un système scolaire et universitaire où l’on apprend à obéir, à reproduire au mot près ce que dit et écrit le professeur, où pour être parmi les meilleurs il faut avant tout être docile et faire ce qu’on attend d’un bon élève (c’est-à-dire, tout ce que le professeur ne veut pas faire administrativement ou physiquement…). Bref, la jeunesse ne connait pas l’importance de la critique face au savoir, celui des autres comme le sien. Cette critique, essence indispensable d’une reconnaissance de l’universel, n’existe pas.

Voilà le but de Francekoul.com : insuffler l’esprit critique, introduire un petit grain de sable dans le système de pensée de certains jeunes en Asie Centrale. Et ce, par un travail concret, un travail essentiellement de méthode : le journalisme.

Le but n’est sûrement pas de dénoncer brutalement les dérives autoritaires et violentes des régimes de la région, ce qui n’est pas possible (c’est même dangereux !) – non, nous croyons que ce qui doit être dénoncé, c’est avant tout nos propres idées, nos propres pensées, un combat contre nous-mêmes. Car le chemin qui mène au respect de l’autre est d’abord le chemin vers nous-même, et que pour se trouver soi-même en l’autre il faut combattre son propre égoïsme et égocentrisme, ses certitudes, et ses croyances.

C’est un travail de longue haleine que Francekoul.com mène déjà depuis un an à travers l’écriture d’articles en français par des jeunes francophones talentueux de l’ensemble de la région centre asiatique. Le projet s’articule autour de la langue française ; apprendre une autre langue que la sienne c’est faire un bout du chemin vers l’autre, l’étranger, celui qu’on ne connait pas.

Ces articles sont sur tous les sujets que les rédacteurs souhaitent aborder. Avant la publication sur le site internet, s’effectue un long travail de correction, mais aussi et surtout de critique mené en pair avec un relecteur/formateur français. Les échanges et le travail se font uniquement par mails, par Skype ou Facebook, entre un jeune centre asiatique plongé dans les réalités de son pays et un français qui ne connait souvent pas bien la région mais qui aide à atteindre un certain degré d’objectivité par la critique même – nouant ainsi un dialogue interculturel rapprochant nos régions.

Francekoul.com est une équipe et un réseau qui permet un échange entre la France et l’Asie Centrale mais aussi une entre-aide  – notamment pour les plus talentueux et ambitieux qui souhaitent poursuivre des études en France. Mais Francekoul.com va au-delà et a envoyé cette année une dizaine de ses journalistes dans divers programmes d’études en France – autant de jeunes qui reviendront en Asie Centrale avec une expérience unique et un esprit critique à même de véritablement créer les conditions pour l’existence des droits de l’Homme en Asie Centrale, peut-être pas dans les régimes politiques tout de suite, mais au moins dans les esprits de ces jeunes gens.

Anatole DOUAUD
Artiom ISMAÏLOV

Rédacteurs en chef 2012

Elena JIRNOVA
Etienne COMBIER

Rédacteurs en chef  2013

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