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Cryptomonnaies : l’Ouzbékistan veut regrouper les mineurs pour mieux les contrôler

Une plateforme officielle d’échange de cryptomonnaies a vu le jour en Ouzbékistan. Contrôlée par le gouvernement, elle doit permettre de surveiller les évolutions des marchés. Tachkent veut également créer prochainement un groupe de mineurs labellisés ainsi qu’une « Uzbekistan Blockchain Valley ».

La position ouzbèke sur les cryptomonnaies vient (encore) d’évoluer. Ce lundi 20 janvier, les autorités ouzbèkes ont officiellement lancé la première plateforme officielle d’échanges de monnaies virtuelles, Uznex. Selon l’Agence nationale pour la gestion de projet (NAPM), en pointe sur les questions de cryptomonnaies et de blockchain, la plateforme doit permettre de lutter contre les cryptomonnaies frauduleuses.

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Contacté par Novastan, Uznex a expliqué qu’elle sélectionnerait uniquement les monnaies virtuelles « qui ont déjà fait leurs preuves sur le marché des cryptomonnaies, avec une excellente écologie et économie en termes de token ». Les token sont les jetons de participation d’une cryptomonnaie ou d’un projet reposant sur la blockchain. Ils sont en quelque sorte les « actions » du monde virtuel.

La plateforme « sera la seule dans la région où les utilisateurs pourront payer avec des soums ouzbeks », a précisé Uznex dans un communiqué envoyé le 22 janvier. Pour l’heure, seul l’Ethereum et le Bitcoin, deux des monnaies virtuelles les plus connues, sont échangeables sur Uznex. « Des cryptomonnaies connues comme le Bitcoin, l’Ethereum et le Ripple seront proposées, de même que des nouvelles et plus petites cryptomonnaies », décrit la plateforme.

Selon les estimations, il existerait aujourd’hui entre 3 000 et 3 300 cryptomonnaies actives dans le monde. Pour autant, seules 200 dépassent les 11 millions de dollars de valorisation totale, comme le décrit le site spécialisé CoinMarketCap.

Un changement de politique

Le lancement de cette plateforme est un nouveau retournement de la politique officielle ouzbèke sur les monnaies virtuelles. Après avoir créé un cadre légal pour ces monnaies en octobre 2018, le premier en Asie centrale, puis autorisé les plateformes d’échanges en janvier 2019, Tachkent est brutalement revenue en arrière en promettant de tripler les tarifs d’électricité pour les « mineurs » de cryptomonnaies en octobre 2019 puis d’interdire purement et simplement aux Ouzbeks d’acheter des cryptomonnaies le 25 décembre dernier.

Pour l’heure, selon les informations de Novastan, cette interdiction et le triplement des tarifs d’électricité ne sont pas appliqués dans le pays. Pour autant, le gouvernement ouzbek s’est donné jusqu’à mars 2020 pour mettre en place des tarifs différenciés qui placeraient le prix de l’électricité ouzbèke pour les mineurs à des tarifs similaires à ceux pratiqués en France.

Un plan global commence à se mettre en place

Malgré ce qui semble être une politique de l’indécision côté ouzbek, un plan commence à prendre forme. De fait, comme le décrit le média spécialisé Bitcoin.com, Tachkent vise la création au deuxième trimestre de 2020 d’un groupe de mineurs « labellisés ». Les personnes rejoignant ce « mining pool » national seront exemptés du triplement des tarifs d’électricité qui toucheront le reste de la communauté des mineurs. Les mineurs ne seront pas obligatoirement des Ouzbeks.

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Les autorités veulent aller pas à pas. Pour l’heure, les Ouzbeks ne pourront que vendre des cryptomonnaies sur Uznex, quand les clients internationaux n’auront aucune restriction. Les Ouzbeks accéderont à la possibilité d’acheter prochainement, promet Uznex.

L’objectif de cette politique, comme décrit par le projet de décret du gouvernement ouzbek, est de faire sortir de l’ombre l’industrie des cryptomonnaies en permettant à ce groupe de mineurs d’être plus efficaces, économiquement viables tout en étant plus sécurisés. Le décret prévoit qu’un système de labellisation des mineurs de cryptomonnaies soit mis en place dès le 1er février 2020.

Plus largement, comme le rapporte le média ouzbek Spot.uz, la NAPM veut lancer un bac à sable pour projets autour de la blockchain grâce à l’ « Uzbekistan Blockchain Valley », permettant l’émergence de nouveaux projets autour de cette technologie. Tachkent réfléchit également à une plateforme appelée STO (Security Token Offering) qui doit reproduire le fonctionnement d’une Bourse pour les cryptomonnaies, notamment dans le cadre d’Initial Coin Offering (ICO). Deux compagnies ouzbèkes, MobiUz et UzbekHydroEnergo ont déjà annoncé être prêtes à émettre des tokens dès 2020. De quoi redorer un peu son image dans le secteur après une année particulièrement agitée, si tant est que ces projets aboutissent.

Etienne Combier
Rédacteur en chef de Novastan

Edition 22/01/2020 : ajout du communiqué d’Uznex ainsi que de plusieurs détails d’utilisation de la plateforme.

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L’Ouzbékistan a proposé une nouvelle stratégie pour mieux réguler les cryptomonnaies.
Marco Verch via Visual Hunt
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