Du pétrole iranien pour l’Ouzbékistan ?

Victime de pénuries régulières, l’Ouzbékistan se tourne vers l’Iran pour assurer son approvisionnement en pétrole. Face à l’augmentation du nombre d’automobilistes et à la baisse de la production pétrolière ouzbèke, l’indépendance énergétique du pays semble compromise.

Lors d’une rencontre le 15 septembre dernier entre l’ambassadeur iranien à Tachkent, Ali Mardani Fard, et le ministre ouzbek des Transports, Eler Ganiev, a été évoquée la possibilité de multiplier par quatre les exportations de pétrole iranien vers l’Ouzbekistan, exportations qui pouraient atteindre le montant d’un milliard de dollars. Cette annonce fait suite aux précédentes rencontres à haut niveau entre les dirigeants des deux pays pour évoquer ce sujet. L’Ouzbékistan connaissant des pénuries annuelles de produits pétroliers, le retour de l’Iran dans le commerce mondial, grâce à l’accord historique de juillet dernier, ainsi que la baisse des prix du pétrole, rendent les négociations possibles.

Une production en chute libre et une consommation en hausse

L’Ouzbékistan connait chaque année des pénuries de pétrole qui obligent les automobilistes – rationnés – à faire la queue pendant des heures dans les stations service du pays. Ces pénuries s’expliquent par la gestion étatique de l’économie qui met en place des quotas de consommation pour chaque produit, dont le pétrole, quotas qui s’épuisent avant la fin de l’année du fait de l’augmentation  de la consommation .

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Les niveaux d’extraction de pétrole brut en Ouzbékistan sont en chute libre depuis 2002 et ne représentent aujourd’hui que la moitié des niveaux d’il y a dix ans (153 000 barils/jour contre 68 000 barils/jour en 2013). L’année 2012-2013 a vu les taux d’extraction baisser de 11000 barils/ jour (12%). En conséquence, l’offre de pétrole interne ne satisfait plus la demande (82 000 barils/jour). Pour assurer la sécurité de l’approvisionnement, l’Ouzbékistan doit donc trouver plus de 14 000 barils/jour.

Pourtant, la hausse de la consommation est susceptible de se poursuivre à l’avenir. Selon le centre de recherches économiques de l’Ouzbékistan, le nombre de voitures en circulation dans le pays devrait doubler d’ici 2025 et atteindre 132 voitures pour 1000 habitants (pour 67 voitures aujourd’hui). La production de pétrole en Ouzbékistan va très probablement continuer à subir des difficultés alors que les compagnies pétrolières quittent le pays l’une après l’autre : Petronas en 2013, Tethys Petroleum en 2014. Ces entreprises sont parties sans avoir trouvé la moindre goutte pétrole sur les territoires de leurs concessions.

Importer du pétrole : seule solution

Seule solution pour le pouvoir ouzbek : importer du pétrole. Jusqu’ici, c’était principalement le Kazakhstan, et le Turkménistan, dans une moindre mesure, qui subvenaient aux besoins d’un marché ouzbek en constante pénurie. L’Ouzbékistan, à la différence notable de ses voisins, a choisi de ne pas importer de pétrole russe afin d’être indépendant politiquement vis à vis de Moscou.

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En 2012, quelques 617 millions de dollars ont été dépensés par l’Etat ouzbek dans l’importation de produits pétroliers (bruts et raffinés). Les autorités ouzbeks ralentissent au maximum ces importations car elles coûtent chères au budget de l’Etat, d’où les pénuries régulières. Reste donc à savoir comment sera financé le milliard de dollars de pétrole iranien dont parlent les officiels.

La rédaction

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