Un vielliard Crédit : Cécile Hubert

La photographie au carré

La galerie Art&Fact à Tachkent réjouit toujours les habitants et les hôtes de la capitale ses projets originaux et ses expositions intéressantes. Parmi elles a eu lieu du 17 au 27 novembre dernier une exposition de l’artiste-photographe belge Cécile Hubert. Ses oeuvres mises au carré représentent Tachkent, les habitants et «les faces» de la ville à la manière d’un reportage.

Cette exposition est le résultat de deux années de travail de Cécile Hubert, depuis le début de son séjour en Ouzbékistan. Deux lieux reviennent sans cesse : le mahalla où elle habite (historiquement en Ouzbékistan, les mahallas sont des quartiers autonomes dédiés aux liens familiaux et à la loi islamique), et la région d’Angren.

Tout au long de l’exposition revient la célèbre citation de la photographe américaine Diane Arbus : « Une photographie est un secret sur un secret. Plus elle vous en dit, moins vous en savez ».

Affiche : Exposition de photos Cécile Hubert

Chaque photo de l’exposition raconte une histoire unique. Ce peut être un homme d’âge moyen avec un tatouage représentant une belle femme sur la poitrine; ou bien le linge qui sèche. Avec brio, Cécile Hubert parvient à faire de ces photographies d’une réalité sans fard une invitation à la réflexion, au-delà du sujet représenté.

Cécile a une manière particulière de raconter de ses photos: «Dans mes photos le type est mis souvent au carré, même si la photo est rectangulaire. La terre est omniprésente. Au carré, immobiles, les éléments semblent cependant bouger selon le tourbillon indien du karma. Comme dans un mandala tibétain, les gens sont ancrés dans la terre, mais s’élancent vers le  ciel, comme s’ils tachaient d’être la connexion perdue entre la terre et le ciel. La stratification de l'espace et de plusieurs éléments de leur milieu  les distingue les uns des autres. Mis au centre de «la toile», comme des chef-d'œuvre, ils ont l’air de héros de leur propre vie et du milieu».

L amour pour toujours

A propos du succès de l’exposition, Cécile Hubert se veut tout de même réaliste. « С'est une question délicate. Le succès est relatif. Je pense que pour Tachkent, c'était un petit succès. En tout cas, l'expo a suscité des commentaires et toute une discussion sur Facebook. C'est positif. Certaines personnes ont détesté ou n'ont pas compris. D'autres ont adoré. Que cela suscite des réactions, même négatives, est très positif pour moi, cela veut dire que cela fait réfléchir. C'est déjà un grand pas en avant.»

La galerie a été visitée par une centaine de personnes. « On m'a dit qu'il y a eu des visites tous les jours, ce qui est plutôt encourageant, car la galerie est très mal placée au niveau du passage. Elle est même impossible de trouver si vous ne connaissez pas. On n'y passe donc pas ‘par hasard’».

A l’avenir, Cécile a « beaucoup de projets en tête » et certains déjà en cours. Elle aimerait faire notamment une série de portraits d'artistes de Tachkent, « en particulier les artistes qui travaillent librement, de manière parfois "underground"», précise-t-elle. « Comment vivent-ils ? En quoi est-il facile ou pas facile de créer en Ouzbékistan ? ». Gageons que la série pourra répondre à ces questions d'une manière originale. 

Photo de Cécile Hubert

Informations :

Cécile a développé sa passion pour la photographie à l’université, quand les photos étaient en noir et blanc. Cécile a participé à la Biennale internationale de la Photographie à Tachkent en 2010(http://art-academy.uz/программа-мероприятий-vi-международно/).

Les photos sont tirées du site: http://art-blog.uz/archives/10264

Dana Oparina
Journaliste pour Francekoul.com

Relu par Pierre Sautreuil

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