Le président biélorusse, Aleksander Loukachenko et son homologue ouzbek, Chavkat Mirzioïev à Tachkent lors de la conférence de presse commune

Le président biélorusse qualifie l’Ouzbékistan de « dictature, dans le bon sens du terme »

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Le président biélorusse Alexandre Loukachenko, en visite en Ouzbékistan, a déclaré durant la conférence de presse commune à Tachkent le 13 septembre dernier que « nous sommes en dictature – à la fois en Ouzbékistan et en Biélorussie, dans le bon sens du terme. »

C’est une déclaration qui a de quoi étonner. En visite officielle en Ouzbékistan le 13 septembre dernier, le président biélorusse Alexandre Loukachenko a qualifié le régime ouzbek et le sien de « dictature, dans le bon sens du terme ». Ses propos, rapportés par le média ouzbek en ligne, Gazeta.uz, ont été accueilli par des applaudissements dans la salle où se tenait la conférence de presse commune avec son homologue ouzbek, Chavkat Mirzioïev.

Le président biélorusse a prononcé cette phrase en parlant de l’efficacité de la mise en place des politiques en Biélorussie et en Ouzbékistan. « Le « résultat » est un mot à la mode en Biélorussie. Pour son absence, la moitié du gouvernement a perdu son poste. Nous sommes en dictature – à la fois en Ouzbékistan et en Biélorussie, dans le bon sens du terme. Personne n’est envoyé en prison pour rien. Mais si vous le méritez, vous obtiendrez ce qui vous revient. Tout est honnête, populaire et ouvert. Par conséquent, ils savent que le résultat est nécessaire », a affirmé Alexandre Loukachenko.

Échanges de compliments et de flatteries

Le président biélorusse a poursuivi ses propos en étant dithyrambique au sujet de son hôte et homologue ouzbek, Chavkat Mirzioïev. « L’actuel président (de l’Ouzbékistan), le Premier ministre d’hier, qui connaît parfaitement le monde et le pays, comprend cela. Je suis content pour lui. Je lui ai dit : nous te regardons de près et nous nous réjouissons. Vous êtes juste génial. En deux ans, vous avez fait quelque chose qui n’a pas été fait en un quart de siècle. Et vous êtes allés courageusement vers cela : l’ouverture au reste du monde. Ne vous arrêtez pas ! », s’est enthousiasmé Alexandre Loukachenko.

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Chavkat Mirzioïev  a ensuite remercié son homologue biélorusse pour les entretiens, soulignant qu’ils n’étaient « pas festifs » et que leurs résultats étaient concrets. « Je n’aime pas vraiment les mémorandums, je suis très pragmatique. J’ai besoin d’un résultat. Merci, Aleksander Grigorievich », a déclaré le président ouzbek. Il a également partagé son admiration pour son homologue biélorusse « d’avoir su conserver (…) l’héritage de la puissance intellectuelle et économique de l’Union soviétique ».

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Président depuis 1994, le président biélorusse a soutenu Chavkat Mirzioïev dans son aversion pour les événements officiels et des accords vagues. « Mon ami n’aime pas les mémorandums, et je les déteste tous. Ce sont habituellement des souhaits pour l’avenir, mais lorsqu’il y a un document, alors il y aura un résultat concret », a ainsi affirmé Alexandre Loukachenko. Il a chargé les dirigeants des grandes entreprises qui font l’économie du pays de revenir avec lui de l’Ouzbékistan avec des projets concrets. « Et chacun de vous devrait trouver un travail ici cette année », a déclaré le président biélorusse.

Du concret après le protocole des années Karimov

Faisant l’éloge des résultats de sa visite en Ouzbékistan, le président biélorusse l’a comparée à ses « entretiens de protocole » avec le prédécesseur de Chavkat Mirzioïev et président pendant 25 ans du pays, Islam Karimov. Aleksander Loukachenko a exigé que les entrepreneurs et les membres du gouvernement de Biélorussie « fassent ce que l’Ouzbékistan a besoin » pour qu’il devienne encore plus riche et « afin qu’ils puissent (nous) payer encore plus ».

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Lors de la visite du président biélorusse à Tachkent, 19 accords ont été signés. « Je ne me souviens pas de tant de documents précis qui ont été signés au plus haut niveau avec un autre pays », s’est félicité Alexandre Loukachenko. L’un des documents les plus importants signés lors de la réunion est un accord intergouvernemental sur la coopération socio-économique pour 2019-2023 et un programme pour sa mise en œuvre. Les parties ont convenu d’augmenter le chiffre d’affaires de leurs échanges jusqu’à 1 milliard de dollars.

La rédaction

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Le président biélorusse, Alexandre Loukachenko et son homologue ouzbek, Chavkat Mirzioïev à Tachkent lors de la conférence de presse commune.
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