Le président provisoire de l’Ouzbékistan est Nigmatulla Youldachev

Conformément à la constitution de la République Ouzbèke, c’est le speaker de la chambre haute du parlement ouzbek, Nigmatulla Youldachev qui est désigné comme président provisoire suite au décès du président Islam Karimov le 2 septembre dernier. Il aura trois mois pour organiser des élections pour désigner le nouveau président de l’Ouzbékistan. Explications

Lire à ce sujet sur Novastan : Ouzbékistan : Islam Karimov est décédé

Alors que l’Ouzbékistan débute un deuil national de 3 jours, débutant par l’enterrement du président Karimov dans sa ville natale de Samarcande, c’est donc l’ordre constitutionnel qui s’applique pour déterminer la succession au poste de président. Ainsi conformément à l’article 96 de la constitution ouzbèke, le speaker du sénat, Nigmatulla Youladchev, devient président provisoire de la république ouzbèke en charge d’organiser les élections de transition.

Un respect de l’ordre constitutionnel inédit en Asie Centrale post-soviétique

Le respect de l’ordre constitutionnel donne ainsi de la visibilité sur un processus de transition qui restait questionné. Les filles du président Karimov avaient été un temps pressenti comme possible successeurs à leur père (surtout Gulnara Karimova, qui a fait paraître le 2 septembre une chanson à la mémoire de son père) – dans un scénario qui aurait pu ressembler à celui de l’Azerbaïdjan en 2003. Mais avec l’annonce de la désignation de Youldachev comme président provisoire c’est une expérience de transition nouvelle en Asie Centrale post-soviétique qui s’annonce.

En effet le Kazakhstan a toujours le même président depuis l’indépendance, le Tadjikistan de même malgré la guerre civile, le Kirghizstan a vécu deux violentes transition du pouvoir (bien qu’avec un système de gouvernement provisoire) avec des changements de constitutions impulsés par la rue. Et enfin le Turkménistan a vu le speaker du parlement se faire enfermer très rapidement après la mort de Niyazov par celui qui a pris sa place de président provisoire (puis de président), Gurbanguly Berdimukhamedov, grâce à une réécriture rapide de la constitution.

Une commission d’enterrement plus significative que l’ordre constitutionnel ?

Le respect de l’ordre constitutionnel semble garantie par un accord entre les différents prétendants, tous présent dans la commission d’organisation de l’enterrement du président Karimov qui a lieu ce samedi à Samarcande. Cette commission est dirigée par le premier ministre, Shavkat Mirzioïev, ce qui semblerait confirmer sa place de favori pour reprendre la place de président lors des élections à venir. Le directeur des services de sécurité, les speakers des deux chambres du parlement (dont Youldachev) ainsi que le ministre des finances Azimov, figurent dans les premières positions de cette commission, suivit de toutes les personnes importantes du système mis en place par Islam Karimov. Ainsi la transition s’annonce être bien en main par un système qui survit à son créateur. Il faudra cependant attendre les élections présidentielles et leur issue pour statuer sur la solidité de ce système et les possibilités (ou non) de changements.

La Rédaction

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