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L’Iran se rapproche de l’Ouzbékistan

L’Iran est devenu en 2018 le plus grand importateur de fibre de coton ouzbek, selon l’institut national de statistiques d’Ouzbékistan.

L’Iran aime le coton ouzbek. Selon des statistiques publiées le 22 janvier dernier par podrobno.uz, Téhéran est devenu le premier importateur de fibre de coton ouzbek en 2018. La République islamique a importé en 2018 pour 101,3 millions d’euros du précieux matériau, loin devant la Chine (62,2 millions d’euros) et le Bangladesh (16,2 millions d’euros). La fibre de cet or blanc est en général transformée pour fabriquer des tissus, dont la culture massive est dévastatrice pour l’environnement, nécessitant de très grandes quantités d’eaux.

Cette réalité économique est importante, alors que la culture du coton occupe toujours une place prépondérante en Ouzbékistan, sixième producteur mondial de coton, et premier dans les pays d’ex-Union soviétique.

Plus largement, cette nouvelle s’inscrit dans une dynamique de renforcement des relations entre l’Iran et les pays d’Asie centrale, où les projets de coopérations ne cessent de fleurir.

Une coopération économique de plus en plus importante entre l’Iran et l’Asie centrale

Ces dernières années, les partenariats entre l’Iran et les pays d’Asie centrale se sont multipliés. Ainsi, la visite en mars 2018 du président iranien Hassan Rohani au Turkménistan a abouti à la signature de plusieurs mémorandums visant à élargir les liens entre les deux pays, notamment dans le secteur énergétique.

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Un mois plus tard, à l’occasion de la douzième conférence de la Commission intergouvernementale pour le commerce et le développement économique entre l’Iran et l’Ouzbékistan, l’idée d’une création d’un conseil de commerce commun entre les chambres de commerces iranienne et ouzbèke a vu le jour. Ce conseil vise à renforcer les liens entre les petites et moyennes entreprises des deux pays. Un protocole d’intention a également été signé entre l’Iran et l’Ouzbékistan le 29 janvier dernier, rapporte UzDaily. L’accent a notamment été mis sur l’importation de pétrole iranien en Ouzbékistan et sur l’approvisionnement en souffre produit en Ouzbékistan en Iran.

L’Asie centrale, théâtre d’un jeu d’influence entre l’Iran et l’Arabie saoudite

Ces liens dans le secteur économique sont aussi l’occasion pour l’Iran de s’affirmer comme une puissance régionale influente en Asie centrale. La région est depuis quelques années le théâtre d’une lutte d’influence entre l’Iran et l’Arabie saoudite, son rival historique. Riyad est de plus en plus présente au Tadjikistan, un pays d’Asie centrale traditionnellement très proche de l’Iran, dont les relations avec ce dernier se sont détériorées ces dernières années.

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Plus largement, la bonne entente avec les pays d’Asie centrale est primordiale pour l’Iran, qui compte sur leur appui pour pouvoir rejoindre l’Organisation de Coopération de Shanghai. Le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan font partis des États membres fondateurs de cette alliance économique et militaire dominée par la Chine. Face aux sanctions américaines annoncées par Donald Trump en mai 2018, l’adhésion à l’organisation asiatique est devenue cruciale pour Téhéran.

Le secteur ferroviaire au cœur des échanges

Cependant, le projet le plus ambitieux entre l’Iran et l’Asie centrale reste l’accord d’Achgabat. Cet accord prévoit la mise en place d’une collaboration étroite en matière de transport entre le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan, l’Iran, Oman et, depuis février 2018, l’Inde. Il vise à créer un corridor international facilitant le transport de marchandises entre l’Asie centrale et le Golfe persique.

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Cette association, en plus d’exploiter et de dynamiser les lignes ferroviaires déjà existantes, comme la ligne Iran – Turkménistan – Kazakhstan, inaugurée en 2014, permet également de procurer une plus large visibilité internationale à cette région. L’accord d’Achgabat permet ainsi de relier le corridor international de transport nord – sud (INSTC), réseau de plus de 7 000 kilomètres reliant Mumbai à Moscou en passant par Téhéran, et dont l’ambition est ni plus ni moins de remplacer, à terme, les traditionnelles voies d’échanges entre l’Asie et l’Europe.

Pour les pays d’Asie centrale, le prochain rendez-vous aura lieu le 26 février prochain. Les pays d’Asie centrale se joindront à l’Afghanistan, à l’Iran et à l’Inde pour une conférence dans la ville portuaire de Chabahar en Iran, boulevard stratégique entre l’accord d’Achgabat et l’INSTC.

Gabriel Ertlé

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L’Iran est devenu le premier importateur de fibre de coton ouzbek (illustration).
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