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L’Ouzbékistan ouvre son ciel aux avions militaires russes

L’Ouzbékistan et la Russie ont renforcé leur coopération militaire le 12 octobre dernier lors du Conseil des ministres de la Défense de la Communauté des Etats Indépendants. Le point d’accord majeur est l’ouverture de l’espace aérien de l’Ouzbékistan et de la Russie aux aéronefs militaires de chacun des deux Etats.

Alors que le Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, rendra visite au président ouzbek Chavkat Mirzioïev les 18 et 19 octobre prochains, les accords militaires signés la semaine dernière intensifient la présence russe en Ouzbékistan.

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Le sommet, qui a rassemblé les ministres de la Défense des Etats membres de la Communauté des Etats indépendants (CEI), portait sur le renforcement des coopérations bilatérales de défense. L’ordre du jour prévoyait notamment des discussions sur le développement des activités militaires conjointes.

Le renforcement de la relation ouzbèke-russe

L’Ouzbékistan et la Russie ont signé le 12 octobre dernier un nouveau plan de coopération militaire pour 2019. Les deux pays ont également conclu un accord intergouvernemental permettant l’utilisation de l’espace aérien de chacun des Etats par les aéronefs militaires de l’autre.

Cette décision facilitant le transport militaire leur permettra surtout d’effectuer des vols sans escale. Elle signe également le retour de l’Ouzbékistan comme point d’intérêt sécuritaire stratégique pour la Russie.

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Se félicitant de ces accords, Sergei Shoigu, ministre de la Défense russe, a ainsi déclaré que la Russie considère l’Ouzbékistan comme un « partenaire stratégique en Asie centrale ». Dans ce cadre, plus de 340 militaires des Forces armées d’Ouzbékistan étudient dans les écoles militaires russes cette année.

L’Ouzbékistan et la Russie ont déjà signé un pacte de défense mutuelle en 2005, qui est renforcé aujourd’hui par cet accord.

La lutte contre la « propagation du terrorisme »

Lors de la réunion du 12 octobre, le ministre de la Défense ouzbek Abdusalom Azizov a rappelé l’organisation des exercices militaires russo-ouzbeks d’octobre 2017 près de Forish, dans la province de Djizak. Ces entraînements conjoints observaient deux principales lignes directrices, la lutte contre le terrorisme et le perfectionnement des pratiques militaires.

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L’un des exercices militaires consistait alors en une opération antiterroriste contre des groupes armés illégaux retranchés dans des montagnes difficiles d’accès. Cet exercice a alors laissé penser que les militaires ouzbeks et russes s’entraînaient à un scénario de type afghan. Cet objectif était déjà d’actualité en 2014 à l’annonce du retrait d’Afghanistan des forces de la coalition internationale, face à la crainte d’une propagation de l’insécurité afghane à l’ensemble de la région centrasiatique.

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Aujourd’hui, la stabilisation de la région et la lutte contre la propagation terrorisme restent des objectifs majeurs pour la Russie en Asie centrale, comme l’a affirmé Sergei Shoigu, ministre de la Défense russe, à RIA Novosti. La Russie, qui cherche à se positionner en Afghanistan, aura besoin du soutien militaire, ou au moins logistique, de la part des pays centrasiatiques.

La bataille pour la suprématie sécuritaire dans la région

Cette nécessité absolue de sécuriser la frontière afghane est l’une des raisons qui attirent les puissances étrangères dans la région.

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Alors que l’Ouzbékistan avait interdit en 2012 la présence de toute base militaire étrangère sur son territoire, affirmant sa volonté d’indépendance, le pays centrasiatique ré-ouvre depuis ses projets de coopération militaire à plusieurs Etats. La Turquie, la Chine, la Russie, mais encore l’Azerbaïdjan entre autres ont ainsi signé avec l’Ouzbékistan un plan de coopération militaire le 12 octobre dernier.

Les Etats-Unis ne sont pas en reste face à ces nouvelles politiques étrangères. Si l’accès à la base aérienne de Karshi Khanabad avait été retiré à l’armée américaine en 2005, les deux Etats continuent de mener des discussions quant à leur avenir militaire commun. Ainsi, en mai dernier, lors de la visite du président ouzbek Chavkat Mirzioïev aux Etats-Unis, un plan de coopération militaire quinquennal a été signé pour la première fois entre ces deux Etats.

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Cette signature a eu l’effet d’accélérer le rapprochement de l’Ouzbékistan avec la Russie, qui s’est empressé d’offrir un ensemble de formations militaires à l’armée ouzbèke quelques jours après cette visite, arguant notamment l’expérience militaire acquise en Syrie face aux groupes armés transnationaux.

Face au souci étranger de la situation sécuritaire de la région, l’Ouzbékistan ré-adapte ses politiques de défense. Le ministère de la Défense ouzbek mène ainsi une campagne de renforcement de ses relations bilatérales, s’assurant ainsi un nombre confortable de partenariats militaires stratégiques, quitte à se rapprocher de l’ancien « grand frère » russe dont l’Asie centrale tente parfois de s’affranchir.

Tiphaine Gaudin
Rédactrice pour Novastan

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Un soldat ouzbek brandit le drapeau de son pays
Akil Guliamov pour OuzA
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