Boukhara Citadelle Ouzbékistan

L’Ouzbékistan signe contre toute attente l’Accord de Paris sur le climat

Le 19 avril dernier, dans les locaux de l’ONU à New-York, l’Ouzbékistan a finalement signé l’Accord de Paris sur le climat daté adopté le 12 décembre 2015 dans la capitale française après la réunion des États parties à la convention sur le changement climatique. Cette signature tardive est une surprise de la part de Tachkent, jusqu’ici réfractaire à l’idée de rejoindre tout cadre international sur le sujet.

Comme l’a annoncé officiellement le ministère des Affaires étrangères ouzbek, c’est Bakhtiyor Gouliamov, ambassadeur de l’Ouzbékistan auprès de l’ONU, qui a apposé sa signature au bas du document de l’accord de Paris le 19 avril 2017. Ce geste est pour le moins surprenant.

Un refus de signer au nom du non-interventionnisme

En effet, bien que signataire de la convention des Nations Unies sur le changement climatique de 1992 et du Protocole de Kyoto de 2009, l’Ouzbékistan n’avait plus approuvé de document officiel sur la question depuis 2008. Après la conclusion de l’accord de Paris en décembre 2015, l’Ouzbékistan faisait partie des trois pays n’ayant pas signé l’accord, avec la Syrie et le Nicaragua.

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Les raisons avancées quant à ce refus de rejoindre le cadre international défini dans l’Accord de Paris adopté lors de la COP21 étaient la réticence de Tachkent à être contrainte par des accords internationaux sur le changement climatique, préférant adopter une position de non-intervention et privilégiant les actions dans le domaine au niveau local et au niveau régional.

Pour autant, l’Ouzbékistan est conscient de la réalité du changement climatique et des conséquences que ce dernier peut avoir pour le pays le plus peuplé d’Asie centrale : les questions autour de la mer d’Aral sont dans toutes les têtes. La gestion des ressources en eau constitue, à n’en pas douter, un des défis majeurs pour Tachkent et pour ses voisins centrasiatiques dans les années à venir.

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Gazeta.uz précise que l’Accord de Paris vise à éviter la montée des températures au niveau mondial au-delà de 2°C d’ici 2020, de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de lutter, de façon plus générale, contre les effets du changement climatique.

Dans le domaine de la lutte contre le changement climatique, l’Ouzbékistan est resté officiellement inactif depuis 2008 et l’envoi d’une communication nationale relative aux changements climatiques, document comprenant différents plans d’action pour être en accord avec les engagements internationaux du pays, notamment dans le domaine de l’énergie. Mais ces différents projets s’attardent davantage sur le développement économique du pays que sur la réduction des gaz à effet de serre.

Mise en place d’un ministère de l’Écologie

L’élection de Chavkat Mirzioïev à la tête de l’État ouzbek en décembre 2016 avait suscité un certain espoir et bon nombre d’observateurs s’attendaient à une signature de l’Accord de Paris par l’Ouzbékistan d’ici la COP22. C’est désormais chose faite et d’autres signes montrent depuis peu l’importance qu’attache Tachkent à la lutte contre le changement climatique.

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Le signal le plus important est advenu le 21 avril dernier avec la parution d’un décret présidentiel modifiant les structures d’État en charge des questions écologiques. En vertu de ce décret, un ministère de l’Écologie a été créé à Tachkent, une première pour le pays. Jusqu’ici, il n’existait pas de structure centralisée en Ouzbékistan chargée de ces questions. Avec la signature de l’Accord de Paris, cette modification institutionnelle semble constituer une avancée importante pour le pays dans sa volonté de lutter véritablement contre le changement climatique.

La rédaction

La citadelle de Boukhara en Ouzbékistan
Jean-Pierre Dalbéra
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