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L’Ouzbékistan va tripler ses tarifs d’électricité pour les mineurs de cryptomonnaies

En mars 2020, les mineurs de cryptomonnaies vont devoir payer trois fois le prix normal de l’électricité pour exercer leur activité. De quoi « tuer » économiquement un secteur extrêmement volatile. 

C’est un coup dur pour les mineurs de cryptomonnaies. Le 11 décembre dernier, le cabinet des ministres ouzbek a signé un décret triplant leurs tarifs d’électricité. Le gouvernement ouzbek ne s’est pour l’heure pas exprimé sur les raisons de cette décision. Comme le remarque le média ouzbek Spot, le triplement devrait entrer en vigueur en mars 2020.

La mesure est loin d’être anodine pour le secteur, alors que la concurrence mondiale fait rage. De fait, pour obtenir une cryptomonnaie ou « monnaie virtuelle » comme le Bitcoin, il faut rassembler une multitude d’ordinateurs avec une puissance de calcul sans cesse croissante.  Ce processus est appelé « minage », en référence aux mineurs d’or du XIXème siècle. Le prix de l’électricité est le principal coût pour les « mineurs », qui le scrutent pour savoir si l’activité est rentable comparée à la valeur du Bitcoin et d’autres cryptomonnaies.

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Actuellement, le prix du kilowattheure dans le pays le plus peuplé d’Asie centrale est de 295 soums (0,028 euro) pour les particuliers, après une augmentation des tarifs en août dernier. Il reste fixé à 450 soums (0,043 euro) pour les entreprises, soit entre 7 et 3 fois moins cher qu’en France.

Levée de boucliers

Malgré le statut officiel des cryptomonnaies en Ouzbékistan depuis octobre 2018, il est impossible de savoir si les mineurs utilisent le tarif des particuliers ou celui des entreprises. S’ils utilisent ce dernier, le triplement devrait leur faire atteindre le même tarif que pour les particuliers en France. De quoi « tuer » le secteur du point de vue économique.

Cette forte hausse, proposée le 27 septembre dernier, a provoqué une levée de boucliers de la part de la communauté des mineurs de cryptomonnaies en Ouzbékistan. Dans une vidéo publiée début octobre, ils avaient tenté de faire changer l’avis du gouvernement ouzbek, arguant que cette mesure pouvait faire basculer l’Ouzbékistan d’un pays “crypto-friendly” à une zone à éviter.

Identifier les mineurs, un défi

Le triplement se heurte cependant à une contrainte majeure : parvenir à identifier clairement qui mine et qui ne mine pas parmi la population ouzbèke. Au sein de la communauté des mineurs réunie dans la chaîne Telegram « Blockchain Uzbekistan », la capacité des autorités à y parvenir est largement mise en doute.

Selon le décret publié le 11 décembre, les ministères ouzbek de l’Energie et des Télécommunications ont deux mois pour développer une procédure d’identification des mineurs de cryptomonnaies. Contacté par Novastan, le ministère de l’Energie n’a pas répondu à temps.

Plus largement, ce triplement représente un changement de ton brutal, alors que le pays a autorisé les plateformes d’échanges de cryptomonnaies en janvier 2019. Ces plateformes sont nécessaires pour acheter et vendre différentes monnaies virtuelles afin de faire des profits en jouant sur les cours.

Etienne Combier
Rédacteur en chef de Novastan

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L’Ouzbékistan va tripler le tarif de l’électricité pour « miner » des cryptomonnaies (photo d’illustration).
BTC Keychain via Visual Hunt
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