Photo polygamie Oubékistan

Malgré l’interdiction, la polygamie toujours très répandue en Ouzbékistan

En Ouzbékistan, la loi interdit aux hommes d’avoir plusieurs épouses. Cependant, cette pratique est encore largement répandue, notamment dans la région de Samarcande où plus de 5 000 cas de polygamie ont été recensés.

Novastan reprend et traduit ici un article publié le 7 août 2019 par le média indépendant basé en Russie, Fergananews.

D’après le Samarcande Herald, qui s’appuie sur les informations de l’association locale des femmes, la province de Samarcande, dans le sud-ouest de l’Ouzbékistan, compte actuellement plus de 5 000 cas d’hommes mariés à deux femmes.

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Pourtant, selon la réglementation, la polygamie est passible d’une amende allant de 50 à 100 fois le salaire minimum. L’équivalent de 11 à 22 millions de soums (soit de 74 000 à 148 000 euros), ou d’une peine de prison de trois ans. En 2017, le président Chavkat Mirzioïev avait interdit aux imams de célébrer le nikokh, une sorte de rite de mariage selon les lois de la charia, pour les couples non enregistrés au bureau de l’état civil.

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Cependant, beaucoup d’hommes ne se marient pas officiellement avec leur deuxième partenaire et n’annulent pas leur premier mariage, mais vivent dans deux maisons séparées. De nombreux scandales familiaux naissent de cette situation, ainsi qu’une augmentation du nombre de familles défavorisées.

Cas de violences faites aux femmes

D’après l’association locale des femmes, les violences conjugales physiques et morales sont le quotidien d’au moins 600 femmes dans la province de Samarcande.

Un cas de violence familiale dans la région a ainsi fait la une des journaux à la fin du printemps 2019. Un habitant du district de Bouloungour avait mutilé sa femme, avec qui il s’était marié deux semaines auparavant. Il a été condamné à trois ans et huit mois de prison.

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Les conjoints ne s’étaient pas enregistrés au bureau d’état civil, se contentant d’une cérémonie de nikokh à la mosquée, car l’homme était encore officiellement marié avec une autre femme. Sa première femme l’avait quitté à cause des violences constantes dont elle était victime et de la dépendance à l’alcool du mari.

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Début mai 2019, l’Association ouzbèke des femmes a proposé un projet de loi sur la protection des femmes contre les violences. L’an dernier, plus de 130 centres d’accueil ont été ouverts dans tout le pays afin de proposer un refuge aux victimes de violences conjugales et à leurs proches.

Traduit du russe par Pierre-François Hubert

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Beaucoup d’hommes ne se marient pas officiellement avec leur deuxième partenaire et n’annulent pas leur premier mariage
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