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Orano va investir 13 millions d’euros dans l’exploration d’uranium en Ouzbékistan

Orano et le Comité d’État ouzbek pour la Géologie ont signé des accords pour préciser les investissements et leur plan d’action en Ouzbékistan pour 2020. Orano confirme ainsi son intérêt pour l’extraction d’uranium dans le désert ouzbek.

Le 3 décembre dernier, Orano (ex-Areva) et le Comité d’État ouzbek pour la Géologie ont terminé leur négociation sur la création d’une co-entreprise, Nurlikum mining, qui devra investir entre 13 et 14 millions de dollars dans l’exploration des trois sites d’uranium proposés à la compagnie.

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Cette décision d’Orano Mining, la branche dédiée à l’extraction d’uranium de la multinationale de l’énergie nucléaire française, met en application des accords signés à Paris en septembre dernier.

Un directeur français et des salariés ouzbeks

Dans le détail, Orano Mining et le Comité d’État ouzbek pour la Géologie ont mené à bien toutes les procédures d’approbation et les activités requises pour l’enregistrement rapide de la co-entreprise, qui se nommera « Nurlikum mining », annonce le communiqué du Comité. Les deux partenaires ont signé l’accord final pour la création de l’entreprise commune ainsi que les documents constitutifs comme la charte, l’acte constitutif et le contrat d’achat de produit, entre autres.

Lire aussi sur Novastan : Orano signe un accord avec l’Ouzbékistan pour chercher de l’uranium dans le désert du Kyzylkoum

Le communiqué précise également que les deux parties se sont entendues sur la nomination du directeur général et du conseil de surveillance de Nurlikum mining. Ce directeur général sera français, comme l’a précisé Orano à Novastan, sans pour autant donner un nom. Comme l’explique le communiqué de la multinationale française, Nurlikum mining sera basée à Tachkent, la capitale du pays. Plus de neuf salariés sur dix de la co-entreprise devraient être des Ouzbeks.

Un capital de plus de 26 millions de dollars

La co-entreprise est détenue à 51 % par Orano et 49 % par le Comité pour la géologie ouzbek. Cependant, la contribution du Comité d’État pour la géologie au capital de la co-entreprise se fera sous la forme de coûts historiques pour des travaux d’exploration précédemment effectués. De son côté, Orano apportera entre « 13 et 14 millions de dollars d’investissements » en 2020, comme le précise l’entreprise à Novastan.

Au total, Nurlikum mining est 250 milliards de soums ouzbeks, soit environ 26,4 millions de dollars, explique Orano.

Trois champs d’uranium sur des roches en grès

Selon le décret du gouvernement ouzbek paru le 5 septembre dernier, suite à la signature des accords à Paris, Nurlikum mining a obtenu trois champs d’exploration d’uranium de « grès » faisant référence au type de roche : Yangykuduk, Djengeldi Nord et Sud. Si les travaux d’exploration confirment la possibilité d’exploitation, alors Nurlikum mining aura la possibilité d’extraire l’uranium sur ces trois champs. « Les premiers résultats devraient être connus à l’issue d’une période d’exploration qui durera environ 3 ans », explique Orano.

Lire aussi sur Novastan : Kazakhstan : Orano livre la première banque d’uranium de l’AIEA

Selon le média ouzbek en ligne Gazeta.uz, les gisements d’uranium de type grès n’étaient auparavant pas proposés aux entreprises étrangères et réservés à l’exploitation par l’entreprise ouzbèke métallurgique et minière de Navoï, qui détient un monopole sur l’extraction d’uranium et son enrichissement dans le pays. Jusqu’ici, le gouvernement ouzbek essayait plutôt d’attirer des investisseurs étrangers pour exploiter des gisements d’uranium dans des roches de schiste noir, plus chères à exploiter du fait d’une perméabilité plus forte. En fonction des résultats de l’exploration, Orano fera varier ses méthodes d’exploitation. « Si les résultats des campagnes d’exploration sont positifs, une extraction par lixiviation in situ est envisagée », précise l’entreprise à Novastan. La technique, déjà utilisée au Kazakhstan par l’entreprise française, vise à injecter une solution acide dans le sol pour dissoudre la roche et atteindre le précieux matériau.

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Orano sera ainsi la première compagnie étrangère à rentrer en Ouzbékistan, à travers la co-entreprise Nurlikum mining, sur des gisements plus intéressants économiquement.

La rédaction

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Orano et le Comité d’Etat ouzbek pour la Géologie ont acté la création de leur co-entreprise, Nurlikum mining.
Comité d’Etat ouzbek pour la Géologie
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Commentaires
  • Bravo Orano
    Bien que le paysage soit visuellement très peu marqué par un champ de forage, cette technique présente un risque de contamination des eaux souterraines et des nappes phréatiques, elle est irréversible et rend impossible le rétablissement des conditions des eaux souterraines naturelles après l’achèvement des opérations de lixiviation.
    La lixiviation in situ est une technique utilisée pour l’extraction de l’uranium. Elle libère des quantités considérables de gaz radioactif (radon), et produit de grandes quantités de boues et d’effluents contaminés lors de la récupération de l’uranium en phase liquide.

    8 décembre 2019

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