Goulnara Karimova Lettre d'excuse Ouzbékistan

Ouzbékistan : Goulnara Karimova s’excuse auprès du peuple ouzbek

En l’espace de six ans, Goulnara Karimova est passée de candidate à la succession de son père, Islam Karimov, à reprise de justice. Ces derniers jours, l’ancienne chanteuse a tenu à communiquer, depuis sa cellule, sur ses regrets.

Ces derniers jours, Goulnara Karimova, fille de l’ancien président ouzbek Islam Karimov, a publié des lettres pour se repentir de ses actions. Purgeant sa peine au sein de la prison pour femmes du district de Zanguiata dans la province de Tachkent, Goulnara Karimova s’exprime au travers de sa fille et de son compte Instagram. Après avoir écrit au Président du Conseil de sécurité de l’État et au Procureur général de l’Ouzbékistan, le 15 juin, elle s’est adressée au peuple ouzbek le 23 juin dernier.

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« Je remercie pour leur empathie tous ceux qui sympathisent avec ma situation actuelle et prient pour moi. Je m’excuse auprès des gens […] pour la déception que j’ai pu apporter » rapporte la lettre. Ces excuses font partie d’un processus de rédemption entamé il y a quelques semaines. Ce processus, outre les excuses publiées sur le réseau social, s’accompagne d’une restitution des sommes détournées. D’après la lettre, sans compter les actifs de Goulnara Karimova se trouvant sur le territoire ouzbek, 1,2 milliard de dollars (1,05 milliard d’euros) de ses actifs sont déjà rentrés dans les caisses de l’Etat ouzbek.

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En effet, le 14 juin dernier, le service de presse de l’autorité de surveillance a annoncé que le bureau du Procureur général travaillait à la restitution des actifs de Goulnara Karimova en Ouzbékistan. Il est aidé dans cette tâche par l’accusée qui a indiqué dans sa lettre du 23 juin qu’elle « commençait à coopérer avec les services de détection et de répression ouzbeks. » Les sommes évoquées récemment sont importantes. Ainsi, pour la seule Suisse, c’est près de 800 millions de francs (720 millions d’euros) qui ont été gelés en 2012.

Le 24 juin, le bureau du procureur général suisse a annoncé que le rapatriement de certains avoirs gelés a déjà commencé. 130 millions de francs (117 millions d’euros) d’avoirs confisqués seront restitués à l’Ouzbékistan. Mais l’affaire est loin d’être close : « à l’heure actuelle, cinq suspects font toujours l’objet d’une enquête et plus de 650 millions de francs (586 millions d’euros) d’avoirs restent gelés », a affirmé le procureur général suisse.

Une « princesse ouzbèke » déchue

Il faut remonter jusqu’en 2013 pour voir l’étoile montante ouzbèke décliner. La fille d’Islam Karimov était alors en course pour succéder à son père, enchaînant les postes d’ambassadrice à Moscou et à Madrid, de vice-ministre des Affaires étrangères et de représentante de l’Ouzbékistan à l’ONU. Elle tombe en disgrâce en 2013, quand les accusations de blanchiment d’argent, de détournement de fonds et de corruption s’accumulent.

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Soupçonnée de corruption dans le cadre d’une attribution de marché à l’entreprise suédoise de télécommunication TeliaSonera, Goulnara Karimova est finalement reconnue coupable en 2015, par le tribunal criminel de la province de Tachkent, d’évasion fiscale pour un montant total de plus de 3 000 milliards de soums (plus de 300 millions d’euros).

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En 2017, la sentence tombe : elle est condamnée à dix ans de prison. Cette peine est commuée six mois plus tard en cinq ans d’assignation à résidence. En mars dernier, un nouveau rebondissement est survenu dans cette affaire, puisque Goulnara Karimova est envoyée à la prison pour femmes du district de Zanguiata pour avoir violé son assignation à résidence.

La rédaction

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Goulnara Karimova lors d’un gala à Monaco, en mai 2012 (photo d’illustration).
Shutterstock / Jaguar PS
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