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Ouzbékistan : vers un retour de Human Rights Watch ?

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Bannie du pays depuis 2010, l’ONG pourrait de nouveau avoir une mission dans le pays, assure le ministre des Affaires étrangères. Une véritable surprise. 

C’est une déclaration qui a pris les observateurs de l’Ouzbékistan de court. Comme le rapportent de nombreux médias ouzbeks dont Gazeta.uz et Podrobno.uz, le ministre des Affaires étrangères ouzbek Abdulaziz Kamilov a affirmé ce mercredi 5 juillet que « l’Ouzbékistan est d’accord pour accepter une délégation de Human Rights Watch dans le pays ».

Selon le ministre, qui s’exprimait devant le club de la presse ouzbèke à Tachkent, la capitale du pays, l’Ouzbékistan a reçu une lettre du directeur exécutif de Human Rights Watch Kenneth Roth, demandant l’envoi de petites délégations de l’ONG dirigée par Steve Sverdlow, le responsable Ouzbékistan de l’ONG. Le ministre a donné son accord à deux conditions, que la relation « soit basée sur un respect mutuel » et que l’ONG « n’interfère pas dans les affaires intérieures ».

« Il n’y a aucun sujet interdit »

« Nous avons également besoin que l’on respecte nos coutumes et traditions pour qu’elles ne soient pas automatiquement remplacées par des valeurs universelles », a-t-il prévenu. « Nous avons notre propre compréhension de l’évolution démocratique de notre pays. Cependant, il n’y a aucun sujet interdit », a ajouté Abdulaziz Kamilov.

Cette déclaration est intervenu après une prise de parole du ministre à propos du dialogue entre le gouvernement et les citoyens, dont le détail a été publié sur le site du gouvernement. Abdulaziz Kamilov a notamment rappelé que 2017 avait été déclarée « l’Année du dialogue » par le nouveau président ouzbek, Chavkat Mirzioïev.

L’ouverture, maître mot de la présidence Mirzioïev

La décision de faire revenir une mission de Human Rights Watch est rendue particulièrement surprenante par le contexte actuel. Le 27 juin dernier, l’ONG affirmait en effet que du travail forcé avait été repéré dans le pays, à l’intérieur d’un projet de la Banque mondiale. Cette affirmation, qui a été vigoureusement démentie par le gouvernement, aurait pu suffire pour que le gouvernement coupe toute envie de discussion avec l’ONG.

Cette décision surprise est un nouvel indice de l’ouverture et du changement à l’oeuvre dans la politique ouzbèke aujourd’hui. Depuis l’élection de Chavkat Mirzioïev à la tête de l’Etat après 25 années dominé par Islam Karimov, l’Ouzbékistan se transforme et s’ouvre. Ouverture au dialogue avec les citoyens, avec ses voisins et notamment le Kirghizstan, mais aussi au cœur même du pouvoir, avec une administration renouvelée et très dynamique.

Lire aussi sur Novastan : Ouzbékistan : « Chavkat Mirzioïev nous réserve encore bien des surprises »

Même si le pays a accumulé des années de retard, cette mobilisation qui semble lui réussir : selon la Banque mondiale, l’Ouzbékistan sera le deuxième pays au monde à la plus forte croissance en 2017.

La rédaction

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L’ONG Human Rights Watch a été bannie du pays en 2010 avant de revenir en 2017.
Human Rights Watch
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