Kazakhstan Ouzbékistan Renault Investissement Etranger Voiture

Renault bientôt présent dans les rues de Tachkent ?

Selon les dernières déclarations du Directeur général export pour la Communauté des Etats indépendants du Groupe Renault, l’Ouzbékistan devrait rejoindre prochainement les 134 pays dans lesquels la marque au losange est déjà présente. 

Renault poursuit sa conquête des marchés centrasiatiques. Après avoir développé sa présence au Kazakhstan, puis, plus récemment, au Kirghizstan, la marque automobile française semble se lancer à la conquête de l’Ouzbékistan. Suite aux très bons résultats des voitures Lada, appartenant en majorité au groupe Renault, ce dernier semble décider à y développer sa marque phare.

C’est ce qu’a annoncé le directeur général export pour la Communauté des Etats indépendants (CEI) du groupe Renault, Maximilian Missan. Au cours du forum d’affaires franco-ouzbek qui s’est tenu le 15 mai dernier, le dirigeant a déclaré l’intention de Renault de commencer les livraisons en Ouzbékistan. « Nous savons qu’il y a du potentiel ici, nous avons analysé le marché [ouzbek]. Nous savons que les [consommateurs] ont certaines attentes », a affirmé un porte-parole de l’entreprise lors d’un entretien avec le média ouzbek Spot. Sollicité par Novastan pour obtenir plus d’informations, Renault n’a pas répondu.

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« Maintenant, nous voulons présenter Renault et offrir aux consommateurs ouzbeks la même qualité de produits et de services. Pour ce faire, nous avons besoin de soutien en matière de fiscalité et de certification », a déclaré Maximilian Missan.

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De fait, la fiscalité est le point d’accroc majeur pour les constructeurs automobiles étrangers en Ouzbékistan. Les taxes sont encore importantes en matière d’importation d’automobiles, ce qui avait poussé le groupe PSA (Peugeot-Citroën), le concurrent historique de Renault, à entreprendre des travaux de construction d’une usine sur place en mai 2017.

L’échec de PSA à Djizak, une expérience à considérer

Le 13 juin 2017, le président Chavkat Mirzioïev a signé un décret sur la création d’une entreprise à investissement étranger, menée par Peugeot-Citröen. Dès 2017, Peugeot avait senti le potentiel ouzbek en matière de renouvellement de son parc automobile. Pour éviter les fortes taxes, l’entreprise a lancé la construction d’une usine automobile franco-ouzbèke dans la région de Djizak, dans l’est du pays. Lorsqu’en mars 2018 Chavkat Mirzioïev s’est rendu dans la région, il a été signalé au Président ouzbek que la construction était en cours.

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L’usine, soutenue par la Banque européenne d’investissement, devait être lancée en décembre 2018. Cependant, le groupe ouzbek SC Uzavtosanoat, associé local de Peugeot sur ce projet a annoncé le 18 décembre dernier que l’usine ne fonctionnera pas à temps, rapporte Fergana News. Le groupe ouzbek a déclaré qu’il allait revoir le concept d’un projet commun avec le groupe français et optimiser ses paramètres économiques.

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Entre-temps, la construction a été suspendue et des centaines de personnes sont restées sans travail. L’entreprise française a estimé que le projet n’allait pas être rentable et craignait que dans 30 ans, elle ne soit pas en mesure de rentabiliser les investissements. Auparavant, un employé de SC Uzavtosanoat a rapporté à Fergana News que « les Français demandent des garanties trop importantes, de centaines de millions d’euros pour ouvrir une usine Peugeot ».

Face aux lourds investissements nécessaires et malgré le soutien de la Banque européenne d’investissement, la faible rentabilité, à terme, de l’usine a mené à l’abandon du projet. Contacté par Novastan, le groupe PSA n’a pas répondu à nos questions.

Un forum d’investissement, symbole d’une ouverture économique grandissante

Cet échec n’effraie pas Renault, qui semble vouloir se lancer aujourd’hui en Ouzbékistan, marché en pleine mutation et avide d’investissements étrangers comme en atteste le forum au cours duquel Maximilian Missan a fait ces déclarations. L’événement a été organisé par le ministère des Investissements et du Commerce extérieur, en collaboration avec le Medef international ainsi qu’avec l’aide de l’ambassade de France en Ouzbékistan. L’objectif du forum : visites, négociations et réunions entre investisseurs français et officiels et entreprises ouzbeks.

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La coopération dans le domaine économique est sans aucun doute l’une des principales priorités dans les relations entre l’Ouzbékistan et la France. La délégation française présente au forum a pu prendre connaissance des principales réformes en cours dans le pays pour améliorer le climat des affaires, notamment la réforme du système fiscal et la réduction des obstacles administratifs.

Le ministre ouzbek de l’Investissement et du Commerce extérieur, Sardor Oumourzakov, en a profité pour déclarer qu’« à cette occasion [il] invite les entreprises françaises à participer au premier Forum international d’investissement de Tachkent en octobre 2019 ».

La rédaction

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Apres l’échec PSA, Renault pourrait se lancer en Ouzbékistan.
Ivan Radic
Déjà présent au Kazakhstan et au Kirghizstan, Renault pourrait se lancer en Ouzbékistan
nikita_novozhilov
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