Sommet de Tachkent 2016 OCS Shanghaï

Sommet de Tachkent : nouvelle page d’histoire pour l’OCS ?

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Depuis le début du XXIe siècle les relations internationales affichent une tendance à l’accroissement des problèmes qui dépassent la question des frontières et affectent négativement l’état de la sécurité internationale.

 

Il apparaît de plus en plus évident que tout État, peu importe sa place dans la hiérarchie des puissances mondiales, n’est plus à l’abri de ces menaces. C’est pourquoi, dans l’étape actuelle du développement du système international, où l’interdépendance entre États augmente, il est perçu comme nécessaire d’unir les efforts afin neutraliser ces menaces : terrorisme, trafic de drogue, trafic d’armes et bien d’autres enjeux…

 

OCS Sommet de Tachkent 2016

 

L’organisation de coopération de Shanghaï est une organisation intergouvernementale régionale asiatique qui regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. Elle a été créée à Shanghaï les 14 et 15 juin 2001 par les présidents de ces six pays.

 

Un contexte propice à sa création

Ces enjeux mentionnés sont ainsi applicables à la région d’Asie centrale où le problème de la sécurité  revêt une importance particulière. Ce n’est pas le hasard si ces problèmes deviennent l’objet récurrent des débats des grands Forums et des conférences, au cours desquels sont affichés des tentatives pour déterminer le rôle et la place des organisations régionales comme l’Organisation de coopération de Shanghaï, ou l’Organisation du Traité de sécurité collective (l’OTSC) dans le maintien de la stabilité et de la sécurité.

Par sa structure, ses buts et ses objectifs, l’OCS est nettement différente de son prédécesseur  — « les 5 de Shanghaï » — créé en 1996 afin de régler les problèmes de frontière sur l’ancienne frontière sino-soviétique, mais aussi de faciliter la coopération économique. L’OCS a deux organes permanents : le Secrétariat qui se trouve à Pékin et la Structure anti-terroriste régionale (RATS) à Tachkent (Ouzbékistan). La priorité pour l’organisation devient la lutte contre le terrorisme international, le séparatisme et l’extrémisme religieux, y compris le trafic de drogue et le trafic d’armes.

 

OCS Sommet de Tachkent 2016

 

Sommet de Tachkent 2016 : quel ordre du jour ?

Si les derniers Sommets de l’OCS étaient principalement consacrés à la crise afghane (2014) et syrienne (2015), que pouvons-nous attendre du Sommet de Tachkent ? Doit-on s’attendre à un élargissement de l’OCS ?

Lire aussi sur Novastan : L’Afghanistan vers une reprise en main régionale.

 

L’Ouzbékistan a toujours prêté une grande attention aux sommets accueillis et une importance de premier plan aux traités adoptés dans le cadre de l’OCS. Ainsi, lors du Sommet de 2004, la Structure régionale anti-terroriste de l’OCS a été officiellement lancée, avant que le sommet de 2010 n'approuve des documents cruciaux, comme les règles de la procédure de l’OCS et la réglementation sur la procédure d’admission des nouveaux états-membres. Ce type de documents a été adopté pour améliorer l’efficacité et les mécanismes internes de l’organisation.

Selon les informations officielles, l’ordre du jour du Sommet de Tachkent 2016 va inclure l’adoption de la Déclaration de Tachkent consacré au 16e anniversaire de l’OCS, à la Stratégie anti-drogue pour 2017 – 2022 et le programme d’action pour sa mise en œuvre, le plan d’action pour 2016 – 2020 anticipant l’accord de coopération des Etats membres de l’OCS dans la lutte contre la criminalité.

Dans les discours des chefs d’Etat, le problème afghan et la lutte contre Daech sera au centre du sommet de l’OCS, puisque ces dangers peuvent mettre en péril la sécurité centrasiatique, et plus largement eurasiatique. Mais avec quelle perspective sera traité ce problème ? Ou bien est-il vraiment exagéré, comme l’a souligné Alexandre Knyazev et Noah Tucker ?

OCS Sommet de Tachkent 2016 armée

Il est fort probable que les chefs d’Etat penchent encore sur cet enjeu lors du Sommet. Les pays centrasiatiques considèrent avec gravité le danger venant de l’instabilité en Afghanistan. Toutefois, après le retrait des troupes de l’OTAN, ces pays n’ont pas anticipé sur les dangers réels. Frontalier avec l’Afghanistan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan sont davantage concernés par le problème afghan que les autres pays centrasiatiques.

 

La question de l’élargissement

En outre, est-ce qu’il y aura un format passant de « Six » à « Huit » dès ce sommet de Tachkent ? Le Pakistan et l’Inde peuvent-ils participer comme pays-membre à part entière, dès ce sommet ?

L’OCS est devenue la première organisation multilatérale du XIXe siècle dans la région, et symbolisa un succès remarquable dans la politique étrangère de Pékin, dans la mesure où elle était la première entité de sécurité régionale.

La prééminence de la Chine dans le cadre de l’OCS est indiquée par le fait que l’organisation porte le nom d’une ville chinoise, ajouté au fait que le premier secrétaire général de l’OCS est chinois et que le secrétariat de l’OCS est basé à Pékin.

 

OCS Sommet de Tachkent 2016

 

Lors du sommet précédant, tenu le 9 et 10 juillet à Oufa en Russie, les pays membres avaient décidé d’élargir le nombre de pays participants en lançant les procédures d’adhésion de l’Inde et du Pakistan — pays observateurs depuis 2005. Cela prendra du temps comme l’a souligné des experts, puisque premièrement il faudra planifier les étapes et la nécessité d’une intégration des États dans le cadre des textes juridiques internationaux. Au niveau mondial, l’adhésion de ces grands pays peut surmonter les conflits historiques entre l’Inde et le Pakistan.

Le sommet de Tachkent est une plate-forme efficace permettant un dialogue constructif et la recherche commune de solutions aux problèmes régionaux et mondiaux. À moyen terme, l’OCS pourrait finalement former une entité géopolitique de premier plan.

 

Sardor Abduganiev, journaliste pour Novastan à Bichkek
Relu par Grégoire Domenach

 



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