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Tempête de sel en Ouzbékistan : la tragédie de la mer d’Aral en action

Le 27 mai dernier, les régions du Karakalpakistan, du Khorezm de Boukhara et de Navoï, toutes situées dans l’ouest de l’Ouzbékistan, ont été recouvertes de sel par une tempête née au dessus de ce qui était la mer d’Aral.

D’ordinaire, les images qui illustrent la disparition de la mer d’Aral montrent surtout des bateaux rouillés sur une mer de sable. Le 26 et 27 mai dernier, ce sont des images autrement plus dramatiques de ce désastre qui sont apparues sur les réseaux sociaux ouzbeks : celles d’une tempête de sel recouvrant de blanc les régions bordant ce qu’il reste de la mer d’Aral. Le 28 mai au matin, la capitale turkmène, Achgabat a également été touchée par la même tempête et recouverte de sel blanc comme le rapporte RIA Novosti.

Pas de commentaires officiels sur la tempête

De nombreux posts sur des groupes Facebook de la région du Khorezm et du Karakalpakistan ont décrit, photos à l’appui, la tempête de sel et les pluies salées qui se sont abattues sur leur région. Nombreux sont ceux qui ont pointé les difficultés respiratoires dues à cette tempête. Des photos de touristes avec des masques dans les villes touristiques de Boukhara et de Khiva ont également été postées sur les réseaux sociaux.

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De nombreux internautes, à l’instar d’Emil Fakhreev, se posent la question de savoir pourquoi il n’y a pas de recommandation officielle de comportement individuel à adopter dans le cas d’une telle tempête de sel venue de la mer d’Aral, qui contient très probablement de nombreux pesticides.

L’autorité responsable de la météo dans la République a annoncé au média ouzbek Gazeta.uz que le taux de poussière dans l’air avait dépassé de 6 fois la norme. Ils ont également expliqué que la tempête avait été repérée et prévue, mais que le phénomène de poussière et de sel était totalement imprévisible. Cependant, l’ensemble des autres institutions contactées par le média ouzbek se sont déclarées incapables de dire à quel point les conséquences de cette tempête seront sérieuses pour la santé de la population, l’agriculture et l’environnement des régions touchées.

Un problème de prise de conscience insuffisante face à un désastre de santé publique

Dans un article publié sur le média ouzbek en ligne xabar.uz, Doniyor Rozmetov fustige les nombreuses réunions et discussion sur la mer d’Aral qui n’aboutissent à rien depuis 20 ans que le problème est ouvertement discuté.

« Les terres du Khorezm et du Karakalpakistan deviennent salées et les rendements agricoles ont diminué. En raison de la pollution de l’eau et de la pollution de l’air, diverses maladies se sont propagées et sont devenues difficiles à traiter », remarque l’auteur. Doniyor Rozmetov prévient que si rien n’est fait, les habitants seront obligés de quitter des terres devenues infertiles et de migrer pour leur survie, ce qui est déjà le cas en pratique.

Lire aussi sur Novastan : La mer d’Aral malgré les coups de comm’ : de pire en pire ?

Un autre post sur Facebook écrit par Azamat Matkarimov, interpelle. « Vous pensiez que l’assèchement de la mer d’Aral, ses sables et son sel étaient loin, que ces problèmes ne vous concernent pas ? Aujourd’hui, à Noukous au Khorezm et à Boukhara, la tempête fait rage et la poussière s’est mêlée de sel », décrit l’internaute dans ce post, repris largement, et notamment par la page officielle de la mission de l’ONU sur l’Aral. 

« Un vent fort soulève les colonnes de sable avec de la poussière et du sel et les jette dans les rues des villes et des villages. La poussière rouillée pince les yeux et persiste dans la gorge. La poussière pénètre à travers les fenêtres à double vitrage des maisons. Ce n’est pas seulement du sel, ce sont des pesticides et des engrais azotés que l’Amou-Daria a régulièrement transportés dans les eaux de l’Aral pendant des décennies. Depuis de nombreuses années, le sel de la mer d’Aral est relevé en Antarctique. Où encore ce vent le soufflera-t-il ? »

La rédaction

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Une rue de la capitale régionale du Karakalpakistan, Noukous, sous la tempête de sel du 27 mai 2018.
Bach Hoosier (Facebook)
Des fruits salés par la tempête dans la région du Khorezm.
«Telegram» / @XorazmBugun
Un selfie d’un guide touristique à Khiva sous la tempête de sel.
Komil Ermatov (Facebook)
Des touristes se protégeant les voies respiratoires du sel dans la ville touristique de Khiva dans la région du Khorezm.
Komil Ermatov (Facebook)
Un square de Noukous sous le sel.
Lilia Nikolenko (Facebook)
Une voiture pleine de sel dans les rues de Noukous.
Bach Hoosier
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