Vue Palis Douchanbé Tadjikistan

La Chine va financer la construction de bâtiments institutionnels au Tadjikistan

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Principal créancier et investisseur du Tadjikistan, la Chine va allouer au pays près de 130 millions de dollars sans aucun frais, afin de construire un nouveau bâtiment pour le Parlement, ainsi qu’un nouveau complexe gouvernemental à Douchanbé.

Novastan reprend et traduit ici un article publié par Asia Plus

Le Tadjikistan et la Chine ont signé un accord pour la construction d’un nouveau bâtiment pour le Parlement et d’un complexe gouvernemental à Douchanbé. Les documents ont été signés en septembre dernier, suite aux réunions régulières à Douchanbé de la commission sino-tadjike pour le commerce et la coopération économique, comme l’a indiqué un communiqué de presse du ministère tadjik du Développement économique et du Commerce.

Un projet à hauteur de 1,5 milliard de yuan

Les signataires de ces documents sont le ministre tadjik du développement économique et du commerce, M. Nematullo Khikmatullozoda et son homologue chinois, Li Yengan, tous les deux à la tête de leurs délégations respectives lors des dernières réunions de la Commission.

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Selon le document signé, la Chine aurait dû financer ces projets de constructions à hauteur de 1,5 milliard de yuan (soit près de 188 millions d’euros) et cela sans frais. Le 29 octobre cependant, le média tadjik Asia-Plus a rapporté que cette somme serait en réalité de 900 millions de yuans (113 millions d’euros).

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Plus tôt, le 31 août, le gouvernement tadjik a demandé l’approbation par décret du projet de construction d’un nouveau bâtiment parlementaire et d’un complexe gouvernemental. C’est le ministre tadjik du Développement économique et du Commerce qui a été chargé de signer cet accord au nom du gouvernement du Tadjikistan.

La Chine construira elle-même ces infrastructures

Le projet prévoit en particulier que la partie chinoise fournissent le matériel, les équipements et les matériaux de construction nécessaires ainsi que l’envoi au Tadjikistan d’ingénieurs pour réaliser la construction, mais également pour prendre la responsabilité de l’installation et de la mise en place des équipements, des travaux préparatoires de construction, et de la gestion qualitative, sécuritaire et calendaire du projet.

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Le projet mentionne que « les coûts liés à la conception et à la construction seront pris en charge par un financement chinois sans frais, prévus par les accords de coopération technique et économique conclus entre la Chine et le Tadjikistan le 31 août 2017, ainsi que par l’aide financière octroyée par la Chine au Tadjikistan en 2018 ».

Les travaux achevés en 2020

L’accord sur l’octroi de fonds pour la construction des nouveaux complexes gouvernementaux et parlementaires tadjiks a été conclu par les deux gouvernements le 1er septembre 2017 lors de la visite officielle du président Emomali Rahmon à Pékin. Au début de l’année 2018, des rumeurs couraient selon lesquelles la Chine ne fournirait pas cette aide. Elles n’ont toutefois pas été confirmées par les autorités officielles.

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Le complexe parlementaire devrait être construit au centre de Douchanbé et serait composé de quatre bâtiments. Une source proche du dossier a déclaré à Asia Plus que les travaux devraient commencer immédiatement après le premier versement de l’aide financière. Sa construction devant être achevée en 2020. Ce complexe sera érigé sur le site de l’ancienne mairie et des maisons à arcades.

Pour ce qui est de l’emplacement des futurs bâtiments gouvernementaux, rien n’est sûr. Il y a quelques temps, les autorités avaient envisagé de démolir la tchaikhona Rokhat ainsi que les infrastructures adjacentes pour y construire le complexe gouvernemental, mais cette idée a été abandonnée.

La Chine demeure le principal créancier, donateur et investisseur du Tadjikistan

Depuis dix ans, la Chine le principal donateur du Tadjikistan. A l’heure actuelle, elle est le principal créancier du pays, et représente près de 41% de la dette extérieure tadjike. Selon les données du ministère des Finances du Tadjikistan, le montant total de la dette extérieure tadjike au début la deuxième moitié de l’année 2018 s’élevait à environ 2,9 milliards de dollars, la part chinoise représentant quant à elle plus de 1,2 milliards. Les premiers prêts chinois ont été accordés au Tadjikistan il y a presque dix ans. En 2007, ils approchaient les 216 millions de dollars.

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De nos jours, la Chine est également le premier investisseur direct dans l’économie tadjike. En 2016, la deuxième puissance économique du monde a ainsi doublé la Russie, qui depuis l’indépendance du Tadjikistan avait toujours été son investisseur principal. Le montant total des investissements directs chinois cumulés au Tadjikistan a dépassé le milliard de dollars. Par ailleurs, la Chine octroie chaque année des fonds sans frais au Tadjikistan dont le montant total n’est pas connu.

Traduit du russe par Maud Sampo-du Cray

Edité par Daisy Lorenzi

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Le bâtiment du Parlement et un nouveau complexe gouvernemental devrait entrer en construction
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