Village de Nishousp Chugnan Haut-Badakhshan Tadjikistan

La rivière Piandj, frontière naturelle en Asie centrale

La rivière Piandj, qui traverse l'Asie centrale, est une zone plus que stratégique. Novastan vous propose d'en explorer une partie, dans l'Est du Tadjikistan

Piandj, signifie cinq, en tadjik, en référence aux cinq affluents qui rejoignent la rivière pour former le grand fleuve Amou-Daria. Il traverse l'Asie centrale et forme une partie de la frontière entre le Tadjikistan et l'Afghanistan, celles entre l'Ouzbékistan et l'Afghanistan, ainsi que celle entre le Turkménistan et l'Ouzbékistan. Il se jette dans la mer d'Aral, aujourd'hui extrêmement asséchée, suite à la décision soviétique d'irriguer des régions désertiques d'Asie centrale en détournant les principaux fleuves de la zone.

Nishousp Tadjikistan neige

   Dans le Gorno-Badakhshan, à l’Est du Tadjikistan, la rivière Piandj n'est pas navigable. Le débit de l'eau reste important toute l'année, même s'il l'est beaucoup plus en été, faisant de la rivière une frontière difficile à franchir. Dans certaines zones, elle est cependant bien plus étroite, et forme même des petits îlots qui facilitent une éventuelle traversée. La frontière entre le Tadjikistan et l'Afghanistan s'étend sur environ 1200 kilomètres et à peu près la moitié de cette frontière se trouve dans la région du Gorno-Badakhshan.

Ichkachim Tadjiklistan

Route Pamir Pianj

La route du Pamir a été construite par les Soviétiques à partir des années 1920, suivant le tracé des anciens chemins caravaniers, le long de la rivière Piandj. La construction de la route a constitué un travail exceptionnel car elle fut construite en partie à flanc de montagne. Elle a représenté un changement impressionnant dans la vie de villages autrefois accessibles seulement à pied ou à dos d'ânes, et totalement coupés du monde en hiver.

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A l'hiver 2015, la route a été rendue impraticable par les nombreuses avalanches qui ont eu lieu dans la région.

Afghans Khorog Ichkachim

Bien qu'aujourd'hui séparés par la rivière Piandj, les Badakhshan afghan et tadjik ont une grande histoire commune, de l'empire perse à l'empire mongol. La frontière telle que nous la connaissons aujourd'hui existe depuis 1895, désignée comme telle lors du Grand Jeu, et plus précisément dans le cadre de l' «Accord du Pamir». Les grandes puissances internationales de l'époque se disputaient les régions des massifs de l'Hindu Kush et du Pamir : l'Union Soviétique, et l'Empire britannique.

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Elle est en cela une frontière coloniale. Les deux puissances voulaient s'entendre sur une ligne de démarcation entre leurs deux territoires. Après de longues années de confrontations et des centaines de notes et rapports sur les questions frontalières, il a été décidé que la rivière Piandj serait une frontière adéquate. Il a été conclu de laisser cependant une zone-tampon entre les deux empires, la région de la vallée du Wakhan afghan, un corridor étroit, qui correspond toujours aujourd'hui à la région la plus orientale d'Afghanistan et à la zone frontalière du pays avec la Chine.

La rivière Piandj demeure une zone stratégique bien surveillée par les armées afghane et tadjike, mais des échanges continuent d'exister entre les populations des deux rives. Elle se rencontrent notamment lors des marchés hebdomadaires transfrontaliers. La rivière reste aussi un important passage de la drogue de l'Afghanistan vers la Russie ou l'Europe, via la route du Pamir et le Kirghizstan.

Suzy Blondin
Diplômée en géographie de l'université Paris VII Diderot



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