Réserve naturelle Ramit Monts Gissar Tadjikistan

Plus de 400 espèces animales et végétales menacées au Tadjikistan

Cette importante extinction d’espèces animales et végétales est à attribuer à l’activité humaine, et non à des causes naturelles.

Novastan reprend et traduit ici un article initialement publié par le média tadjik ASIA-Plus.

Le 22 avril dernier, la Journée internationale de la Terre a été célébrée dans le monde entier sous le slogan : « protégeons nos espèces ». Selon l’organisation écologiste « Petite Terre », le Tadjikistan compte plus de 13 000 espèces animales et environ 5 000 espèces végétales.

Toutefois, plus de 250 espèces animales et près de 230 espèces végétales sont menacées d’extinction par l’activité humaine.

Causes humaines, solutions humaines

Timour Idrissov, conseiller principal de l’organisation « Petite Terre », explique que « la disparition massive actuelle des espèces sur Terre est due non pas à des causes naturelles, mais à l’activité humaine ». Il ajoute que « c’est l’extinction la plus rapide de la biodiversité dans les 60 derniers millions d’années ».

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Selon lui, aucun doute : ce phénomène est lié aux activités de l’homme, telles que la destruction des forêts et des habitats, le braconnage et le commerce illicite, l’agriculture non durable, la pollution et les changements climatiques. « Si nous ne prenons pas immédiatement des mesures de grande envergure qui répondent à l’urgence de la situation, l’extinction des espèces pourrait devenir l’un des héritages de la présence de l’homme sur Terre », explique-t-il.

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« Chaque organisme vivant a une valeur intrinsèque inestimable. Chacun joue un rôle unique dans la toile complexe de notre écosystème. Pour préserver les espèces en voie de disparition ou menacées, nous tous – consommateurs, pédagogues, chefs spirituels, scientifiques, politiciens, hommes d’affaires, citoyens activistes – devons unir nos efforts et travailler main dans la main », estime Timour Idrissov. « Les récifs coralliens, les éléphants, les girafes, les baleines, les tigres et même les abeilles ont besoin de protection et de soutien. Il est encore temps d’enrayer ou au moins de ralentir l’extinction des espèces. Avec notre aide, beaucoup d’entre elles peuvent encore se repeupler et ne pas disparaître ».

Des chiffres très alarmants

Le communiqué de presse de l’organisation « Petite Terre » souligne qu’à l’heure actuelle, pas moins de 96 951 espèces figurent sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICM), parmi lesquelles 26 840 sont menacées d’extinction.

Léopard des neiges Tadjikistan

Au Tadjikistan, la deuxième édition de la liste rouge locale a été publiée en 2017 et répertorie les plantes et les animaux vulnérables. Selon les scientifiques tadjiks, 90 % de la faune et de la flore locales sont en recul, voire menacées d’extinction.

Panorama des espèces concernées

Le continent asiatique ne compte ainsi plus le moindre tigre de la Caspienne, tandis que la marmotte de Menzbier a disparu au Tadjikistan. En outre, le nombre d’outardes de Macqueen est en nette diminution du fait des chasseurs de plumes. Les quantités de férule, de siokhalaf (un type d’oignon de montagne) et de tchourka (rhubarbe) ne cessent de diminuer. Depuis 2017, un permis est nécessaire pour cueillir et vendre de la rhubarbe. « La cueillette massive menace l’existence de cette plante », expliquent les experts.

Poireau sauvage Tadjikistan

Selon les écologistes, la mise en pâture du bétail sur des espaces forestiers de manière non réglementée porte le plus préjudice aux plantes. Autre problème : la médecine traditionnelle. Par exemple, les Typhlopidae, une famille de serpents locaux, sont utilisés comme remède contre le cancer et dans certains rites, de sorte qu’ils subissent une chasse illégale, en particulier dans la province de Soghd.

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De même, on trouve dans le district de Toursoundzadev la vipère du Levant, également inscrite sur la liste rouge, mais que les autochtones tuent pour ses crochets, utilisés dans la médecine populaire. À l’heure actuelle, le faisan est également victime des braconniers dans la vallée de Gissar. La législation tadjike prévoit une double amende pour les espèces figurant sur la liste rouge. Ces espèces menacées sont placées sous la protection spéciale de l’État, qui gère le comité pour la Protection de l’environnement.

Saïfeddine Karaïev
Journaliste pour ASIA-Plus

Traduit du russe par Pierre-François Hubert

Edité par Magomed Beltouev

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La réserve naturelle de Ramit au sein des monts Gissar, au Tadjikistan.
Flickr/Mirzohaydar Isoev
Un jeune léopard des neiges du Tadjikistan
biodiv.tj
Poireau sauvage du Tadjikistan
biodiv.tj
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