Pascal Lorot Tadjikistan Yasmine Gouédard France Tadjikistan Visite Diplomatie

Vers un renforcement des relations économiques franco-tadjikes ?

Au-delà des enjeux sécuritaires, la dynamique des relations diplomatiques entre la France et le Tadjikistan tend aujourd’hui à se concentrer sur des enjeux économiques. En témoigne le déplacement le 3 mars dernier du représentant spécial du ministre des Affaires étrangères de Pascal Lorot, ayant pour objectif d’intensifier le commerce entre les deux pays.

Les relations franco-tadjikes, encore peu développées, pourraient connaître un nouveau départ. En témoigne la visite le 3 mars dernier du représentant spécial du ministre des Affaires étrangères français Pascal Lorot. Durant son déplacement, celui qui a été nommé à ce poste il y a moins d’un an s’est entretenu avec le Comité d’État pour les investissements et la propriété publique ainsi qu’avec Nourmahmadzoda Jamched, le directeur de la Banque nationale du Tadjikistan, rapporte le média tadjik Asia-Plus. D’autres banques de la région (Iran, Pakistan, Kazakhstan) étaient également représentées.

Novastan est le seul média en français et en allemand spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir à partir de 2 euros par mois (défiscalisé à 66 %), ou en devenant membre actif par ici.

Le propos de cette réunion était de développer la coopération bancaire entre la France et le Tadjikistan, le secteur bancaire tadjik rencontrant actuellement des difficultés, malgré le potentiel de développement reconnu au pays.

Plus largement, le Tadjikistan est amené à être d’avantage placé sur le devant de la scène en ce qui concerne les investissements de la France en Asie centrale, comme en témoignent les projets du Mouvement des entreprises de France (MEDEF). Durant la réunion, une visite d’une délégation d’entreprises françaises à Douchanbé a été prévue pour avril 2020, mais elle a cependant été différée à cause du coronavirus.

Quels objectifs pour les investisseurs français ?

 « Le développement des infrastructures et équipements du pays, la modernisation des services publics, la réalisation de grands projets (énergie, électricité, aluminium, etc.) et la hausse progressive du pouvoir d’achat permettent à un plus grand nombre d’entreprises françaises d’aborder le marché tadjik », a souligné dans son rapport de juillet 2019 le Conseil du MEDEF International. Le développement des infrastructures tadjikes est ainsi un marché prometteur, qui permettrait selon le syndicat patronal de diversifier les relations économiques franco-tadjikes.

Toujours dans une logique de diversification, le développement du tourisme apparaît lui aussi comme une option intéressante. Ainsi, à la réunion prévue en avril 2020 devait aussi être représenté le Syndicat national des guides de montagne, rapporte le média tadjik Avesta.tj. La chaîne montagneuse du Pamir, habituellement perçue comme un frein au développement économique, pourrait devenir un atout.

Lire aussi sur Novastan : Tourisme : le Tadjikistan considéré comme un pays sûr selon une étude

Son point culminant, le pic Ismail Samani (7 495m), constitue en effet un terrain idéal pour développer l’alpinisme. À terme, d’autres formes de tourisme pourraient aussi être développées au Tadjikistan, même si les résultats sont pour le moment mitigés, le pays ayant accueilli en 2019 dix fois moins de touristes que ce qui était prévu.

Les relations commerciales franco-tadjikes plutôt discrètes

Les échanges entre le France et le Tadjikistan sont aujourd’hui caractérisés par un import de matières premières côté français, majoritairement des métaux et des pierres précieuses. De son côté, le Tadjikistan importe notamment des spiritueux, des machines pour traiter le textile ou encore des produits pharmaceutiques.

Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire en cliquant ici.

La place de la France parmi les partenaires commerciaux du Tadjikistan est marginale depuis plusieurs années. De janvier à octobre 2019, la Russie a été le premier partenaire commercial du pays enclavé d’Asie centrale, devant la Turquie et la Chine, rapporte le média azéri Azernews.

La question sécuritaire reste prioritaire

Les relations entre la France et le Tadjikistan sont depuis des années marquées par la question sécuritaire, comme le montraient les thèmes abordés lors de la visite du président tadjik Emomalii Rahmon à Paris en novembre 2019.

Lire aussi sur Novastan : 17 morts après une attaque terroriste au Tadjikistan, près de la frontière ouzbèke

L’attaque d’un poste frontière par l’État Islamique, le quatrième en un an et demi, quelques jours auparavant avait suscité de vives inquiétudes quant à la sécurité du pays, soulignant la fragilité de la frontière afghane. Pour autant,  même au cœur de la crise en novembre 2019, des accords économiques avaient tout de même été conclus entre Paris et Douchanbé.

Héloïse Dross
Rédactrice pour Novastan

Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez répondre anonymement à ce questionnaire ou nous envoyer un email à redaction@novastan.org. Merci beaucoup !

De gauche à droite : le président du comité des investissements, Farroukh Hamralizoda en compagnie du représentant spécial du ministre des Affaires Étrangères pour l’Asie centrale Pascal Lorot et de l’ambassadrice française au Tadjikistan Yasmine Gouedard, le 3 Mars 2020.
Compte Twitter de Pascal Lorot
Partager avec
Aucun commentaire

Ecrire un commentaire

Captcha *