Conseil des chefs d États

Achgabat, quel sommet pour la Communauté des États indépendants?

Le 5 décembre dernier, Achgabat a reçu le Conseil des chefs d’États de la Communauté des États indépendants (CEI). L’ensemble des chefs d’États ou de gouvernements des 11 pays-membres de la CEI ont participé à cette session du Conseil dans la capitale turkmène, y compris le Président de la République d’Ouzbékistan, Islam Karimov.

Durant la session du Conseil, les chefs d’États de la CEI ont examiné et étudié les projets  d’accords visant à l’approfondissement de la coopération dans les sphères économiques, humanitaires et sécuritaires .

CEI
Carte de la CEI, Communauté des Etats Indépendants. A mentionner : l’Ukraine est membre « participant » tandis que la Géorgie n’est plus membre. Crédit: Larousse

La Communauté des États indépendants est une organisation très importante pour les pays post-soviétiques, en tant que mécanisme principal de coopération. La CEI a été créée pour maintenir les relations traditionnelles dans les sphères économiques, politiques et culturelles formées à l’époque soviétique et qui restent particulièrement vitales jusqu’à présent. Dans ce sens, l’Ouzbékistan soutient l’idée d’intégration dans toutes les sphères dans cette organisation.

Cette structure a pour but de maintenir la coopération et résoudre les problèmes entre les pays-membres. C’est également une organisation qui aide au développement de l’intégration des pays membres. Il est très important de rappeler ce facteur car les pays-membres comprennent mieux la situation réelle au sein de la région et les problèmes entre eux en coopérant au sein de cette structure. Pour ces raisons l’Ouzbékistan reconnait la CEI comme un important instrument de sa politique étrangère et pour ses relations multilatérales avec ses participants.

Lors du sommet d’Achgabat, les participants ont reconnu la nécessité d’améliorer l’efficacité des mécanismes actuels d’action multilatérale dans le cadre de la CEI, ainsi que celle du perfectionnement du cadre juridique et institutionnel de cette action communautaire. Le fait que presque tous les contrats non-bilatéraux soient signés sous l’égide de la CEI en est la preuve. Ceci dans le but de favoriser par la suite le développement économique et la prospérité des peuples résidants dans les pays-membres. Le président Islam Karimov définit la CEI comme une plate-forme fiable et bénéfique au développement d’un nouveau type de coopération multilatérale.

Par exemple, le renouvelement des accords sur la Zone du Commerce Libre de la CEI et sa mise en réalisation (dès 2013) est le reflet de ces idées. Les pays sont conscients qu’ils sont ou qu’ils peuvent être des partenaires efficaces, comme en témoignent les statistiques de commerce mutuel entre eux. Le total des échanges entre les pays de la CEI en 2011 s’élevait à 281 milliards de dollars américains, quand les relations directes entre l’UE et les Etats-Unis atteignaient 211 milliards de dollars. Le commerce entre les pays de la CEI représente ainsi une part importante du commerce mondial, tout en privilégiant les partenaires à l’intérieur de leur zone .  À cet égard, les membres ont également affirmé leur volonté de favoriser ultérieurement le renforcement du rôle de la CEI dans la constitution d’un système d’interactions régionales et inter régionales, pour que l’organisation devienne un mécanisme de coopération viable et efficace répondant à toutes les exigences de l’actualité, tant économique que politique .

Aujourd’hui, alors que les facteurs économiques occupent une influence croissante dans les relations internationales, l’usage des possibilités économiques  de la CEI qui restent encore non-utilisées a été défini pendant le sommet comme une mission prioritaire dans la résolution des questions socioéconomiques. Ici, les orientations définies sont la création des corridors internationaux de transports et de communications, le développement des partenariats énergétiques, scientifiques et techniques, l’accroissement des possibilités d’exportation et la promotion de l’investissement . En 2011, l’Ouzbékistan a également affiché sa volonté de rejoindre la Zone du Commerce Libre  de la CEI, une procédure qui est actuellement en réalisation active.

Au terme des discussions, le Conseil a adopté la Déclaration des chefs d’États-membres pour la promotion future d’une coopération approfondie,  tandis que les pays-membres ont nommé l’année 2013 « année de la culture écologique et de la protection de l’environnement dans la CEI ». De même ont été signé d’autres documents qui envisagent la bonne mise en œuvre des accords de coopération conclus précédemment dans le domaine de la communication et de l’informatisation.

Le Turkménistan a montré une grande détermination lors de l’organisation de ce sommet, malgré le fait qu’il ne soit pas un pays-membre de la CEI. Cette volonté reflète le désir de Gurbanguli Berdimoukhammedov de faire partie des initiatives différentes d’intégration (politiques, économiques, énergétiques ) malgré le principe de neutralité traditionnelle du Turkménistan.

Achgabat
Vue d’un quartier aisé d’Achgabat. Crédit : 
Ward & Karen Walker

La Russie quant à elle veut soutenir une coopération non seulement à l’aide de la CEI mais aussi d’autres organismes créés par son initiative comme l’Union douanière, l’Organisation du Traité de Sécurité Collective, la Communauté Economique Eurasiatique et peut-être leur combinaison dans l’Union Eurasienne . Malgré le rôle clé que joue la Russie à l’intérieur de la CEI, il n’y a que peu de partisans de cette idée parmi les pays-membres.

Mais les experts expliquent que la Russie continuera ces efforts même par d’autres mesures. Fyodor Lukyanov, rédacteur en chef de la revue «La Russie dans la politique globale» , pense que la Russie, en donnant plus de privilèges pour les pays qui se joignent aux initiatives russes et en les réduisant pour les autres pays, peut essayer d’améliorer leur efficacité malgré qu’elle n’ignore pas le rôle important de la CEI.

Lors de ce sommet, la République de Biélorussie a pris la présidence de la CEI, selon la décision commune des chefs d’États.  Il remplace le Turkménistan qui a mis sur place des initiatives en grand nombre dans les secteurs différents – politique ou économique, jusqu’au domaine écologique et culturel, qui a introduit une dynamique dans l’activité de l’organisation.  Le Conseil a pris en outre décision sur la conduite de sa session suivante dans la ville de Minsk, en octobre 2013 .

Le sommet d’Achgabat de la CEI a montré encore une fois la volonté des pays-membres pour utiliser cette organisation comme un instrument efficace de coopération entre eux. Les Etats continuent à améliorer leurs efforts pour garder l’importance de la Communauté dans une période très importante pour la région, au moment où la situation en Afghanistan est en train de passer une nouvelle étape. Cette coopération peut aider à maintenir la sécurité économique quand la communauté internationale augmente les sanctions contre Iran – un des partenaires économiques importants des pays de la CEI, mais aussi au moment ou l’influence de la Chine augmente sans cesse.

Sarvar Jalolov
Journaliste de l’équipe de Francekoul.com en Ouzbékistan

relu par la rédaction et Etienne Combier

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