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Gazprom importe à nouveau du gaz turkmène

Trois ans après l’interruption des exportations de gaz turkmène vers la Russie, la compagnie d’Etat Turkmengaz a déclaré avoir repris ses exportations de gaz vers Gazprom et la Russie. 

C’est un aboutissement de près de 7 mois de négociation. Le 15 avril dernier, le gouvernement turkmène a affirmé que les exportations de gaz vers la Russie avaient repris, a rapporté le média turkmène officiel Orient.tm. La compagnie gazière russe Gazprom sera la principale acheteuse du gaz turkmène.

Turkmengaz et Gazprom n’ont pas communiqué sur le volume, ni le prix du gaz turkmène qui serait livré à la Russie. Selon Orient.tm « les livraisons ont repris dans le cadre du contrat actuel de 25 ans, datant de 2003 », qualifiant l’arrêt des importations de gaz turkmène, entrepris par Gazprom en 2016, de « pause commerciale »Podrobno précise que le gaz à destination de la Russie transite par l’Ouzbékistan, dans le cadre d’un accord passé entre Uztransgaz et Gazprom Schweiz.

Un retour à la normale après dix ans de problèmes

Cette reprise des achats de gaz turkmènes par la Russie est un retour à la normale après dix ans de relations compliquées entre les deux Etats. De fait, en 2009, les relations entre ces deux pays se sont rapidement détériorées après la destruction d’une partie du gazoduc Central Asia-Centre, géré par Gazprom. Les deux parties jugeant l’autre responsable de l’accident, les importations russes ont commencé à décliner. Ces dernières sont passées de 40 milliards de mètres cube en 2008 à 4 milliards en 2015, quelques mois avant l’arrêt complet des exportations vers la Russie. Les différends concernaient également le prix de vente établis par Turkmengaz, jugé trop élevé et ne correspondant pas aux cours du marché selon Gazprom.

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Cette reprise des relations intervient surtout après trois années d’interruption totale d’achats russes. Depuis 2016, la Russie a cessé d’acheter du gaz provenant du Turkménistan, ce qui aurait représenté une perte de plus d’1 milliard de dollars (884 millions d’euros), comme l’affirmait à Niezavisimaya Gazeta Ivan Ippolitov, un expert de l’Institut Russe des affaires stratégiques, en 2016.

La Chine, premier client du gaz turkmène

Alors que la Russie s’est tournée la même année vers l’Ouzbékistan voisin, signant un contrat avec Uzbekneftegaz, le Turkménistan a choisi la Chine comme destination pour ses exportations de gaz. Depuis deux ans, et le retrait de l’Iran, la Chine est devenue le seul client à l’exportation du gaz turkmène, Pékin en profitant pour faire baisser le prix d’achat du gaz.

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Cette situation de monopole a semble-t-il irrité Moscou, qui a repris les discussions avec Achgabat en octobre 2018 après avoir laissé planer le doute quelques mois plus tôt. Des négociations qui ont duré près de 7 mois, entre Turkmengaz et l’entreprise russe, mais également entre le président turkmène Gourbangouly Berdimouhamedov et son homologue russe Vladimir Poutine. Ces négociations, sur fond de rivalités entre Russie et Chine en Asie centrale, devaient à l’origine aboutir à une reprise des importations par Gazprom le 1er janvier de cette année. Les négociations se sont avérées plus longues que prévues, l’enjeu pour Achgabat étant de diversifier ses exportations de gaz afin de plus dépendre de Pékin sur ce sujet.

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Plus précisément, cette reprise intervient quelques semaines après la rencontre entre le président turkmène et Alekseï Miller, président du comité de direction de Gazprom, à Achgabat. Turkmengaz renoue ainsi avec un partenaire traditionnel et diversifie ses clients à l’export. Une nouvelle bienvenue alors que le Turkménistan dépend pour une large part du gaz pour ses revenus d’exportation.

Joseph Giraud
Rédacteur pour Novastan

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Gazprom n’importait plus de gaz turkmène depuis 2016.
James Offer via Visual Hunt
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