Turkménistan observateur OMC Organisation mondiale du commerce

Le Turkménistan devient membre observateur de l’OMC

Quelques mois après avoir manifesté son intention de rejoindre l’Organisation mondiale du commerce, le Turkménistan a obtenu le statut d’observateur. Le pays rejoint ses voisins centrasiatiques, déjà tous membres ou observateurs de l’organisation.

Le Turkménistan a obtenu le statut d’observateur de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) le 4 mai dernier à l’issue d’une réunion du ministère des Affaires étrangères turkmènes, rapporte le média turkmène Turkmenportal. Le statut sera officiellement accordé au Turkménistan lors de la prochaine session du Conseil général de l’OMC, courant mai 2020. L’adhésion en tant qu’État observateur vient concrétiser la forte intention du pays d’intégrer l’organisation depuis le début de l’année 2020.

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Dernier pays d’Asie centrale à n’être ni État membre ni observateur de l’OMC, le Turkménistan rejoint son voisin septentrional ouzbek en tant que pays observateur. L’Ouzbékistan détient le statut d’observateur depuis 1994. L’adhésion la plus récente est celle du Kazakhstan en 2015. Le Tadjikistan a, lui, intégré l’organisation début 2013. Enfin, le membre le plus ancien d’Asie centrale est le Kirghizstan, qui a adhéré à l’OMC en 1998.

Un rapprochement avec l’OMC en 4 étapes

À la suite de l’adhésion du Tadjikistan à l’OMC au début de l’année 2013, le vice-président du Cabinet des ministres turkmène a mis au point une commission d’adhésion à l’organisation. Le 25 janvier 2013, l’agence de presse du gouvernement rapportait l’objectif de commission, à savoir « d’assurer l’intégration sûre et efficace du Turkménistan dans le système économique mondial, l’accroissement de la compétitivité de la production en cours de construction dans le pays, et l’établissement de relations de marché au niveau international ».

Quelques années plus tard, en septembre 2019, la commission d’adhésion turkmène s’est rendue au siège de l’OMC à Genève. La rencontre a été prévue dans l’optique d’organiser la conférence de janvier 2020 « Le Turkménistan et les organisations internationales : coopération pour la paix et le développement ».

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La conférence qui s’est tenue à Achgabat les 13 et 14 janvier derniers sous l’égide des Nations unies a permis de concrétiser la volonté d’adhésion du Turkménistan. À l’occasion de la rencontre entre le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères turkmène Rachid Meredov et le coordinateur régional de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement Dmitry Godunov, des discussions poussées sur l’entrée du pays à l’OMC ont pu avoir lieu.

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Cette rencontre a débouché sur une nouvelle conférence à Achgabat le 15 avril dernier, avec pour discussion principale l’accélération du processus d’attribution du statut d’observateur de l’OMC au Turkménistan. À l’ordre du jour de cette conférence, l’examen de la situation économique et commerciale du pays ainsi que la préparation aux directives de l’organisation. Cette conférence a permis quelques semaines plus tard l’attribution du statut d’observateur au Turkménistan, le 4 mai.

Un néo-membre observateur aux objectifs précis

Réputé pour être le pays le plus fermé d’Asie centrale et l’un des plus fermés du monde, le Turkménistan s’est tourné vers l’organisation internationale dont le dogme est à l’ouverture commerciale. Si cette adhésion peut surprendre, elle repose en réalité sur des objectifs établis par Achgabat. En premier lieu, le Turkménistan entend profiter des traitements préférentiels garantis par les organisations internationales aux membres de l’OMC. Dans un second temps, le pays souhaite développer les secteurs compétitifs de son économie, en particulier la transformation de ses matières premières. Le Turkménistan est notamment le quatrième pays mondial en termes de réserves de gaz naturel.

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Derrière l’intégration à des structures internationales, Achgabat voit un moyen de développer ce qui fait le fort de son économie, c’est-à-dire la production de gaz naturel. Le premier président de la République turkmène Saparmourat Niazov (1991-2006) déclarait vouloir faire de son pays un « deuxième Koweït ». En 2007, un an après sa mort, le premier gazoduc vers un pays hors de l’espace post-soviétique était ouvert vers la Chine.

Par la suite, après des différends avec la Russie, importatrice de 90 % du gaz turkmène, et avec l’Iran, le pays s’est retrouvé avec la Chine pour seul client, ce qui a engendré un crise dans le secteur. À travers le projet One Belt, One Road (OBOR) et le Gazoduc Turkménistan–Afghanistan–Pakistan–Inde (TAPI), le Turkménistan entend développer son commerce extérieur et palier ses difficultés à exporter son gaz dans un environnement de proximité concurrentiel. Mais rien n’est encore gagné.

Victor Nicolas
Rédacteur pour Novastan

Relu par Anne Marvau

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Le Turkménistan a obtenu le 4 mai 2020 le statut de pays observateur de l’Organisation mondiale du commerce (illustration).
Montage Novastan
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