Turkménistan Organisation mondiale du Commerce OMC Adhésion Asie centrale

Le Turkménistan veut rejoindre l’Organisation mondiale du commerce

Le pays le plus fermé de l’Asie centrale a renouvelé son souhait de rejoindre l’OMC, à l’occasion d’une conférence internationale. Depuis 2013, Achgabat a affiché sa volonté d’adhésion, sans pour autant que les négociations avancent. Cette fois, le Turkménistan serait prêt à ouvrir son économie.

Lors de la conférence « Le Turkménistan et les organisations internationales : coopération pour la paix et le développement » qui s’est tenue à Achgabat les 13 et 14 janvier derniers, un pas de plus a été franchi dans l’adhésion du Turkménistan à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Rachid Meredov, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Turkménistan, a rencontré le coordonnateur régional de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, Dmitry Godunov, pour discuter de l’adhésion du pays à l’OMC.

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Cette grande conférence a été l’occasion pour le pouvoir turkmène de s’engager dans le dialogue avec de nombreuses organisations internationales : l’UNESCO, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture… Les thèmes des rencontres étaient la paix, avec la réaffirmation de la neutralité du Turkménistan, la culture, la sécurité alimentaire et la protection de l’environnement.

Deux objectifs pour Achgabat

Deux objectifs principaux guident l’intégration du Turkménistan à l’OMC. Tout d’abord, la facilitation de l’intégration de l’économie du pays aux structures mondiales en bénéficiant des traitements préférentiels garantis par les organisations internationales aux membres de l’OMC. Ensuite, la seconde motivation du Turkménistan est le développement des secteurs compétitifs de son économie grâce à l’OMC. Quatrième pays en terme de réserves de gaz naturel, le Turkménistan ne veut plus seulement exporter, mais aussi transformer ses matières premières. L’adhésion du pays à l’OMC est en partie fondée sur cette volonté de développer le secteur gazier en l’intégrant à des structures internationales.

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La transformation du gaz est au cœur de la stratégie économique turkmène, qui souhaite valoriser ses exportations dans le contexte de crise économique qui frappe le pays. Le projet de construction d’une usine de transformation de gaz naturel a ainsi été rendu possible par une coalition d’acteurs internationaux : financée en grande partie par la Banque japonaise pour la coopération internationale, l’usine a été construite par deux entreprises, l’une turque et l’autre japonaise.

Le chemin du Turkménistan vers l’OMC

C’est dans le contexte de l’adhésion du Tadjikistan à l’OMC en mars 2013 que le gouvernement turkmène a créé une commission pour y adhérer. Dans la résolution adoptée par le gouvernement le 25 janvier 2013, rapportée par l’agence de presse du gouvernement, l’objectif de la commission est d’assurer « l’intégration sûre et efficace du Turkménistan dans le système économique mondial, l’accroissement de la compétitivité de la production en cours de construction dans le pays, et l’établissement de relations de marché au niveau international ».

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Après avoir étudié les enjeux de l’adhésion à l’OMC, la commission turkmène s’est rendue en Suisse en septembre 2019 afin de rencontrer les représentants des organisations internationales en vue de la conférence de janvier 2020. Les officiels turkmènes ont insisté à cette occasion sur la volonté d’intensifier les coopérations entre le pays et l’OMC.

L’Asie centrale se rallie progressivement à l’OMC

Après le Kirghizstan en 1998, le Tadjikistan en 2013 et le Kazakhstan en 2015, le Turkménistan pourrait devenir le quatrième pays de l’Asie centrale à rejoindre l’OMC. L’organisation est donc bien ancrée dans la région, mais le Turkménistan, pays réputé pour sa fermeture, et l’Ouzbékistan y font encore défaut.

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À l’occasion de sa visite en octobre 2018 en France, le président ouzbèke Chavkat Mizioïev a rappelé qu’il souhaitait que l’Ouzbékistan rejoigne l’OMC. Cette annonce s’est faite dans le contexte favorable de l’allocation de 5 millions d’euros à l’Ouzbékistan par l’Union européenne pour soutenir son adhésion à l’OMC.

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Pour autant, malgré les déclarations d’intention, Tachkent est aujourd’hui au cœur d’une lutte d’influence entre l’OMC et l’Union économique eurasiatique (UEE). Cette dernière, façonnée sur le modèle de l’Union européenne avec une forte influence russe, a lancé une offensive de charme vers l’Ouzbékistan, qui a récemment annoncé son souhait de l’intégrer. Reste à savoir quelle décision prendra effectivement Tachkent.

Arnaud Muller
Rédacteur pour Novastan

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Le Turkménistan a accéléré ses discussions pour adhérer à l’OMC prochainement.
Montage Novastan
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Commentaires
  • Espérons que cela amène du changement dans leur politique touristique et de visas, puisse ce beau pays s’ouvrir davantage au tourisme également.

    20 janvier 2020

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