Femme voiture turkménistan

Turkménistan : Amnesty International mentionne de fausses informations sur le droit des femmes

L’organisation internationale de défense des droits de l’Homme a appelé l’ONU à prêter attention à la discrimination contre les femmes au Turkménistan. Elle mentionne l’interdiction pour les femmes de conduire dans le pays, alors que l’information est fausse.

Dans un rapport adressé le 23 mai dernier au Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, Amnesty International décrit des violations des droits de l’Homme manifeste au Turkménistan. Pour l’ONG, les femmes turkmènes sont discriminées par l’Etat au niveau national. Les femmes sont obligées de porter des vêtements nationaux notamment à l’école et dans les services publics.

Amnesty International rapporte également des informations des médias d’opposition – Chronicles of Turkmenistan et de l’antenne turkmène de Radio Free Liberty, basés à l’étranger – selon lesquelles au Turkménistan, il aurait été interdit aux femmes de conduire des voitures, ce qui porte atteinte à leur liberté de mouvement. Il est également rapporté que les femmes travaillant dans le secteur public à Achgabat ont reçu l’ordre de ne pas se teindre les cheveux, de ne pas utiliser de vernis à ongles et de s’abstenir de mettre des faux cils et des faux ongles.

Un rapport d’Amnesty International qui inclut des informations non-vérifiées et mal interprétées

Cependant ces informations ont été réfutées, par des médias turkmènes comme Orient.tm, avec de nombreuses photos à l’appui, notamment en ce qui concerne « l’interdiction » de conduire pour les femmes dans le pays. Des femmes travaillant dans le secteur public à des postes importants sont régulièrement apparues à la télévision turkmène avec des cheveux teints, réfutant ainsi une politique qui serait générale. Ce sont en fait des cas isolés dont il est question, et qui dénote du caractère extrêmement discriminatoire des mentalités de certains au Turkménistan. Les mentalités sont en effet un véritable problème, mais il faut les différencier d’une politique d’Etat.

L’ONG a certes noté que l’établissement de « la véritable ampleur des violations des droits de l’homme au Turkménistan est extrêmement difficile à établir à cause d’un accès à l’information extrêmement limité. » De plus, le Turkménistan reste fermé pour les inspections d’organisations internationales indépendantes. Néanmoins, les informations disponibles sont, selon Amnesty International, suffisantes pour assurer qu’il y a une violation massive des droits de l’homme, y compris des droits des femmes.

Du pain béni pour le régime

Ces informations ont d’ailleurs été reprises dans de nombreux médias occidentaux et présentées comme étant de véritables restrictions au niveau national, malgré le fait qu’elles n’aient pas été vérifiée dans le contexte d’un pays où l’accès à l’information est très limité. Un article publié par le Calvert Journal expliquait après ces articles qu’il fallait être très précautionneux à l’égard de toute informations sensationnelles en provenance du Turkménistan.

Amnesty International n’applique pas ces précautions qui permettront au gouvernement turkmène de réfuter toutes les accusations justifiées de violation des droits de l’Homme comme étant des mensonges. Car si des cas de pression à l’égard de femmes par des policiers pour ne pas qu’elles conduisent ont été rapportés par des médias basés à l’étranger, cela ne peut pas justifier de dire qu’il y existe une interdiction pour les femmes de conduire dans tout le pays. La conclusion la plus logique serait plutôt que certains policiers se permettent des choses inadmissibles afin de soutirer de l’argent aux automobilistes dans un contexte de crise économique exacerbé dans le pays.

La session du Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes se tiendra du 2 au 20 juillet prochain. Pendant l’événement, le rapport périodique produit par le Turkménistan sera examiné et le gouvernement turkmène entendra les remarques et recommandations adressées par l’ONU, qui pourra reprendre des éléments du rapport soumis par Amnesty International.

De nombreux problèmes liés au droit de l’Homme régulièrement mis en évidence à l’ONU

L’existence d’informations non-vérifiés qu’il faut prendre avec d’extrêmes précautions dans des rapports d’ONG de défense des droits de l’Homme ne doit cependant pas éclipser l’importance des problèmes soulignés lors des audiences de revues des obligations internationales en matière des droits de l’Homme du Turkménistan au sein de l’ONU.

En avril dernier, le Comité des droits de l’Homme de l’ONU à Genève a tenu des audiences sur un rapport alternatif sur le Turkménistan préparé par des représentants de la société civile et des organisations des droits de l’Homme. Marina Zastavnaya, militante civile du Partenariat international pour les droits de l’Homme, a souligné que les activités des organisations indépendantes de défense des droits de l’Homme sont impossibles dans le pays.

Marina Zastavnaya a également déclaré que personne ne se plaignait officiellement de la torture au Turkménistan, bien qu’elle soit largement utilisée, en particulier dans les cas motivés politiquement. À titre d’exemple, elle a cité des cas de partisans présumés du mouvement « Hizmet » du prédicateur turc Fethullah Gulen, honni par les autorités turques, et dont la plupart des pays d’Asie centrale se sont séparés. Plus de 30 diplômés des écoles turkmènes-turques ont été condamnés et envoyés en prison à cause de leur appartenance supposée à cette organisation. Marina Zastavnaya a également noté la pratique des interdictions arbitraires sur le départ des citoyens du Turkménistan par le service de migration.

La rédaction

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Une femme turkmène au volant dans la capitale, Achgabat.
Orient.tm
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