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Turkménistan : les Jeux asiatiques en salle comme théâtre de communication

Le pays le plus fermé d’Asie centrale organise son plus grand évènement international depuis l’indépendance en 1991.

Des vidéos sportives défilent sur les murs blancs d’immenses immeubles sur fond de musique classique, le tout filmé par des drones de dernière génération. Ces images pourraient être un spot promotionnel pour Paris 2024, et pourtant elles montrent bien Achgabat, la capitale du Turkménistan.

Le pays le plus fermé d’Asie centrale accueille depuis le 17 septembre dernier et pour dix jours la cinquième édition des Jeux asiatiques en salle. Cette compétition, organisée tous les deux ans depuis 2005 par le comité olympique d’Asie, verra s’affronter plus de 65 délégations dans des sports des plus classiques (tennis, natation, cyclisme, différents arts martiaux) aux plus insolites (e-sport, échec, basket 3×3). Pour la première fois dans l’histoire des Jeux, 19 délégations d’Océanie participeront à l’évènement, dont des équipes australiennes, néo-zélandaises et polynésiennes.

Un évènement majeur pour le pays

Sobrement intitulé « Achgabat 2017 », cette rencontre est donc un événement historique, dans ce petit pays d’Asie centrale, un des plus fermé du monde après la Corée du Nord. Sur les réseaux sociaux, la communication autour de l’évènement n’a rien à envier celles des Jeux olympiques organisés ces dernières années. Le gouvernement a également renforcé la sécurité en amont de l’évènement.

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Le Turkménistan se montre. Et pour cause, depuis 2006 et l’arrivée au pouvoir de Gourbangouly Berdimouhamedov, le pays se prépare au plus grand évènement international accueilli sur son territoire à travers des mesures exceptionnelles. Le 11 septembre dernier, le pays a introduit de nouveaux billets de 1,5, 10, 20, 50 et 100 manats pour mettre en circulation de nouvelles coupures arborant slogans et dessins de promotion.

La création d’une « ville étincelante pour le sport »

Sur le site des Jeux asiatiques, une vidéo attire l’attention. Des danseuses et danseurs en costumes traditionnels sourient et dansent devant le nouvel aéroport d’Achgabat qui semble désert. Un aéroport inauguré en 2017, qui malgré son prix estimé à plus de deux milliards de dollars s’enfonce dans le sable depuis janvier selon une information révélée par radio Azatlyk, la branche turkmène de Radio Free Europe.

Le pouvoir turkmène ne s’est cependant pas contenté de construire cet aéroport pour la compétition. De nombreuses infrastructures flambant neuves, dont une ligne de monorail, ont poussé à travers la capitale. Le tout aurait couté plus de cinq milliards de dollars selon l’Agence France Presse. L’agence croit également savoir que le Turkménistan compte candidater à d’autres compétitions internationales, notamment les Jeux olympiques, pour réutiliser ces installations.

Une « étincelante ville blanche pour le sport » selon le site des Jeux, construite suite à des campagnes massives d’expulsion de la population locale. Grâce à des images satellites, Amnesty International a estimé que plus de 50 000 personnes avaient ainsi été déplacées.

Inquiétudes des ONG

Le président Gourbangouly Berdimouhamedov avait pourtant déclaré en 2012 que « donner aux Turkmènes un logement confortable est une des priorité de la politique du Turkménistan ». L’ONG Human Rights Watch a également dénoncé récemment une compétition « traité comme un état d’urgence ». « Le silence du Comité Olympique d’Asie concernant les abus du Turkménistan est assourdissant » accuse Rachel Denber, directeur adjointe à l’Europe et l’Asie Centrale de l’organisation. « Le comité a totalement manqué aux idéaux de la charte olympique qu’il est censé respecté ».

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Une inquiétude qui n’a pas empêché le pays d’accueillir une cérémonie d’ouverture haute en couleur ce dimanche 17 septembre, réunissant de nombreux chefs d’Etat dont le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev, son homologue tadjik Emomalii Rahmon et son homologue ouzbek Chavkat Mirzioïev. Le seul chef d’Etat centrasiatique manquant était le kirghiz Almazbek Atambaïev, qui a préféré se rendre à New York en amont de la conférence générale des Nations unies.

Clara Marchaud
Rédactrice en chef adjointe de Novastan

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La cérémonie d’ouverture des Jeux a été organisée avec soins par le Turkménistan, pour qui cet évènement est majeur.
Achgabat 2017
Le drapeau du Turkménistan, présenté durant la cérémonie d’ouverture des Jeux Asiatiques d’Achgabat de 2017.
Achgabat 2017
Les chefs d’Etat présents à la cérémonie d’ouverture des Jeux asiatiques en salle ont pris la pose.
President.uz
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